<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-775707459961959744</id><updated>2011-11-27T18:26:55.145-05:00</updated><category term='Thomas de Belfort'/><category term='souterrain'/><category term='Monsieur Decamp'/><category term='Lecourrier'/><category term='Éléna'/><category term='Yvette'/><category term='apéritif'/><category term='Oncle Théodore'/><category term='vampire'/><category term='engrenages'/><category term='Vigo'/><category term='Élena'/><category term='Compagnons de Sainte-Barbe'/><category term='cheval'/><category term='Veilleur'/><category term='trésor'/><category term='manoir'/><category term='Luisant'/><category term='automates'/><category term='Mademoiselle Puce'/><category term='Sombre Inconnu'/><category term='repas'/><category term='fiacre'/><category term='bicyclette'/><category term='hommes-rats'/><category term='Ignace'/><category term='Ziegler'/><category term='baron luisant'/><category term='Philibert'/><category term='Roullet-Decamp'/><category term='Lerou'/><category term='Louis-Henri Diantre'/><title type='text'>L'Étrange cas du Baron Luisant</title><subtitle type='html'>Un roman feuilleton à lire en ligne!</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://etrangecas.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/775707459961959744/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://etrangecas.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>L'Étrange cas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18356542608678781040</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_nHFS1s114bE/SFbNJcFgUPI/AAAAAAAAAAM/_gF7zmrjWbk/S220/parisenne_streen2853.jpg'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>21</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-775707459961959744.post-3604758912937161952</id><published>2010-05-28T13:58:00.000-04:00</published><updated>2010-05-28T13:59:12.736-04:00</updated><title type='text'>Chapitre 21</title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Où l’on en apprend peu sur le phrénographe, mais beaucoup sur d’autres sujets&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’appétit quasi sans limite de Diantre fut troublé par le choix déchirant que le Baron lui avait présenté. Devait-il aider le phrénologue fou dans ses lubies, en risquant la mort d’Élena la belle – mais désormais corrompue – fille du maire? Ou devait-il plutôt voir ses amis mourir sans aucune forme de procès?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour que notre héros puisse réfléchir à loisir à cette ignoble proposition, le Baron fit placer ses invités dans des cellules, l’isolement sordide de ces oubliettes favoriseraient, selon le bon docteur, la méditation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi, le Baron – qui n’avait de docteur que le nom, ayant gardé ce titre d’une période révolue où une certaine connaissance scientifique lui avait valu une sorte de réputation parmi les membres d’un petit cercle fermé – le Baron, disions-nous, tenait à ce que le dandy bricoleur Louis-Henri Diantre l’assiste dans ses expériences étranges. Il serait de bon ton de décrire et expliquer le fonctionnement du phrénographe mentionné plus haut, mais le manque de documentation, doublé d’une certaine méconnaissance de l’appareillage scientifique de cette machine occulte, rendent l’explication difficile. Et en cette heure sombre, Diantre n’en avait que faire du phrénographe : sa pensée était tournée vers ses amis en péril, et son emprisonnement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant, assis dans l’obscurité, ses pensées furent troublées par un léger grincement en provenance de la porte. On tentait de forcer la serrure! Louise-Henri Diantre adopta une position défensive, attendant dans les ténèbres que le mystère se révèle à lui. Quand la porte s’ouvrit finalement, l’ouverture révéla une forme noire, enveloppée d’une cape; une petite lanterne tubulaire, installée sur le bras de l’intrus, envoya de la lumière vers le visage de Diantre, qui fut un moment aveuglé par la puissante lueur. Une lanterne portative dont la flamme est amplifiée par des miroirs… astucieux, pensa Diantre. La porte se referma, la lueur s’approcha, puis se tourna vers le visage de l’individu : un masque noir, de grosse lunettes rondes… le Sombre Inconnu se présentait à lui sans aucune forme de résistance! Et l’ironie du sort : c’était maintenant lui, Louis-Henri Diantre le traqueur infatigable, qui était maintenant prisonnier…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je suis venu vous aider, dit la voix du Sombre Inconnu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une voix étonnement claire et familière. Diantre n’en crut pas ses oreilles!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le mystérieux personnage retira alors son masque, révélant…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Dieu du ciel!, s’exclama Diantre. Vous! Ici!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et Mademoiselle Puce fit son plus beau sourire, puisque sa satisfaction était grande.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mais comment?… et pourquoi?… mais alors qui?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Nous n’avons pas beaucoup de temps pour des explications détaillées, dit la fringante secrétaire; je puis toutefois vous sortir d’ici en toute sécurité... les Hommes-rat, voyez-vous, ont été vaincus pendant votre séjour ici.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- J’ai de la difficulté à vous croire…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mes amis les Compagnons de Sainte-Barbe ont planifié une attaque surprise sans merci, rendant la voie libre vers le bas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Eh bien vous ne chômez pas, mademoiselle. J’espère que vos dossiers à la préfecture n’attendent pas trop.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle rit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- On ne se préoccupe pas trop du Commissaire Lerou à la préfecture, et encore moins de moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Justement, votre cher commissaire est dans une cellule adjacente, avec Thomas de Belfort, le journaliste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Oui, j’ai cru voir ce jeune homme accroché à vos basques. Mais Ferdinand est à côté? Va-t-il bien?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Il me semble en forme, malgré un léger manque d’appétit. Mais allez-y, ma chère, allez les libérer, et je vous en prie, refermez la porte derrière vous!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle parut étonnée par cette dernière recommandation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mais je suis venue vous délivrer! (Elle fit une pause.) C’est donc cela, votre orgueil vous interdit de vous laisser sauver par une femme!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Qu’allez-vous croire? Ce fut là la plus belle libération à laquelle j’ai assisté, théâtrale et fort étonnante, et loin de moi l’idée de vous offusquer, ou de refuser cette offre si généreuse, mais j’ai le regret de vous annoncer que je reste ici! Sauvez nos amis, emmenez-les en sûreté, mais quant à moi, je reste. Je prends le partie de collaborer avec le Baron Luisant, ne serait-ce que pour qu’il me révèle son plan, ce qui me permettra ainsi de lui bloquer la route!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Si tel est votre désir, je ne puis que vous recommander la plus grande prudence, Monsieur Diantre! Avant de vous quitter, voici quelques items qui pourront vous aider.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle lui tendit d’abord une flasque pleine, pour le réconfort, dit-elle, ou pour refaire le coup du cracheur de feu, si le besoin s’en faisait sentir… Puis, elle lui remit un certain nombre d’objets qui ne lui dirent rien dans l’obscurité de la cellule; elle lui assura qu’il en trouverait l’utilité en temps voulu. Puis elle quitta la cellule pour aller délivrer les deux autres compagnons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Inutile de dire que la surprise fut grande pour Lerou : « Mais que faites-vous ici? Dans cet accoutrement? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et les compagnons quittèrent le manoir du Baron Luisant avec l’intrigante Puce, par les sombres souterrains, tout en souhaitant des éclaircissements.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/775707459961959744-3604758912937161952?l=etrangecas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://etrangecas.blogspot.com/feeds/3604758912937161952/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=775707459961959744&amp;postID=3604758912937161952' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/775707459961959744/posts/default/3604758912937161952'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/775707459961959744/posts/default/3604758912937161952'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://etrangecas.blogspot.com/2010/05/chapitre-21.html' title='Chapitre 21'/><author><name>L'Étrange cas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18356542608678781040</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_nHFS1s114bE/SFbNJcFgUPI/AAAAAAAAAAM/_gF7zmrjWbk/S220/parisenne_streen2853.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-775707459961959744.post-7720602754792604966</id><published>2010-03-05T13:23:00.001-05:00</published><updated>2010-04-30T14:48:39.078-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Élena'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='baron luisant'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Veilleur'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='manoir'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='repas'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Louis-Henri Diantre'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Thomas de Belfort'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Lerou'/><title type='text'>Chapitre 20</title><content type='html'>&lt;strong&gt;Où l’on se met à table&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Louis-Henri Diantre, le Commissaire Lerou et Thomas de Belfort avait pris place à la grande table, non sans avoir échangé des regards affligés  par la malheureuse disparition de Ziegler. Derrière eux, les sept brigands les tenaient en respect, mains croisées devant eux. Le chef des brigands – celui dont le regard était voilé par un bandeau et une mèche rebelle – avait retrouvé ses esprits, et sa place à la tête de sa bande. Il se tenait debout, en retrait, derrière le Baron Luisant, qui trônait au bout de la table. À sa gauche, un serviteur préparait le service à une desserte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Eh bien mes chers amis, nous allons partager un repas et discuter un peu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lerou fulmina :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Et nous servir encore de ces huîtres avariées qui me firent perdre connaissance?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ah, mon cher commissaire, répondit le Baron sans s’offusquer. Bien regrettable apéritif que nous avons eu là. Mes gens manquent parfois de vigilance quand vient le temps de choisir des denrées fraîches, et je crois, hélas!, que l’on a été négligents avec le choix de ces huîtres…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le serviteur près de la déserte échappa un ustensile en sifflant enter ses dents, manifestement agacé par cette accusation sans fondement. Le sourire du Baron Luisant pâlit légèrement, et il dit simplement :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Veilleur?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’homme au bandeau, à ce mot, se tourna vers l’impertinent et sortit ce qui sembla être un poignard – mais qui ressembla plutôt à un éclair, tant le geste se fit avec rapidité – qu’il lança à la gorge du serviteur. Ce dernier s’écroula, tandis qu’une giclée de sang dessina une macabre constellation sur le mur adjacent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nos malheureux héros furent choqués par cet acte d’une épouvantable gratuité. Le Baron lut cette consternation dans leurs yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Pardon, je ne suis point violent, mais mes collaborateurs, quant à eux, n’y vont pas de main morte… (Il pointa l’un des brigands derrière Diantre, celui à l’allure la plus abrutie). Vous! Vous ferez dorénavant le service!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Étonné, la brute se dirigea vers la desserte et poursuivit le travail du serviteur, qui consistait à servir le potage dans les bols.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Baron poursuivit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ainsi je découvre des invités chez moi qui ne s’étaient pas annoncés… Je reconnais Monsieur Diantre, mais… (Il s’adressa à Thomas de Belfort.) Rappelez-moi votre nom, jeune homme?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La tête haute, le regard frondeur, le jeune homme en question répondit d’un ton tranchant :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je suis Thomas de Belfort, journaliste au Capital, et j’enquête sur la disparition d’Élena Lecourrier, (il se leva de sa chaise sous l’effet de la colère) et vos agissements, Monsieur, ainsi que le meurtre qui vient d’être commis sous nos yeux, seront connus de tous lorsque j’en ferai le récit aux citoyens de Capitaleville…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Baron éclata de rire; les mains d’un brigand, derrière Thomas, se posèrent sur les épaules du jeune homme, afin de le rasseoir doucement sur sa chaise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Laissez-moi vous rassurer, Élena se porte à merveille. N’est-ce pas chère enfant?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À ces mots, une silhouette gracieuse glissa par la porte de côté de la salle à manger. Élena Lecourrier, vêtue d’une magnifique robe blanche, s’approcha du Baron et, dans un geste qui stupéfia nos héros, pris place sur le bras de fauteuil de l’inquiétant personnage, en s’appuyant sur son épaule. Un large sourire de satisfaction étirait le visage du Baron – plus qu’à l’habitude du moins. Il semblait se délecter de la réaction de ses invités, qui observaient la scène avec des yeux ronds. Thomas était particulièrement troublé… Tant d’énergie pour retrouver celle qu’il croyait aimer, et la voici donc, au bras de l’ennemi, ne lui offrant qu’un regard plein d’arrogance! Pourquoi donc cette attitude de complicité avec cet abject individu?, pensait le journaliste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Si nous n’étions, dit Louis-Henri Diantre, en si sinistre compagnie – sauf votre respect, très cher Baron – je trouverais cette situation des plus cocasses! Et je me dois d’offrir mes compliments à Mademoiselle…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mais qu’est-ce donc à dire, Élena?, explosa Thomas. Parlez donc! Nous  avons bravé mille-et-un périls pour vous sauver!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et il chercha à se mettre sous la main une arme improvisée – mais le Baron n’avait prévu – sage décision – que des cuillères comme seul ustensile... D’ailleurs, le potage arrivait, et le brigand empoté amenait les bols, assez salement, puisque la soupe débordait de tous côtés, salissant le plancher, la nappe et le veston noir de Lerou.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je vous en prie, ma douce enfant, parlez à ce jeune homme transi d’amour pour vous, tandis que notre maladroit serveur nous verse un verre de vin!, dit le Baron Luisant d’un ton mielleux. La jeune fille semblait s’amuser de toute cette situation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ce qui fut un enlèvement contre mon gré est vite devenu une source inespérée de liberté, dit la fille du maire Lecourrier. Monsieur mon père est si protecteur, me gardant à longueur de journée dans mes appartements, au point où l’ennui empoisonnait mes humeurs. Il y a des limites à la quantité de tissu qu’une jeune fille peut broder… Le Baron avait besoin de moi pour ses grands projets, et quelle ne fut pas ma joie de trouver sous son hospice tout un monde de découvertes et de libertés! Connaissez-vous la phrénologie, messieurs? Une discipline beaucoup plus stimulante que la broderie, dois-je avouer. J’ai vite adhéré aux projets du Baron, parce qu’ils sont excitants… encore plus quand l’on songe à ma situation familiale! C’est plus que la connaissance que m’a inculqué le Baron, c’est tout mon avenir qu’il m’a offert sur un plateau d’argent!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Vous ne croyez pas si bien dire ma chère, votre &lt;em&gt;avenir&lt;/em&gt;!, dit le Baron.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Louis-Henri Diantre venait à peine de prendre sa première gorgée de vin – tâchant de deviner de quel cépage il s’agissait, mais aussi de savoir quoi penser du récit d’Élena.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Tout ceci est passionnant, dit Louis-Henri. Ce potage est exquis, mais votre nappe est sale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Justement, Monsieur Diantre, j’aimerais m’entretenir plus particulièrement avec vous. J’ai une offre à vous faire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le brigand-serveur commençait à ramasser les bols – seul Diantre avait terminé, ses deux autres compagnons n’avaient rien touché – et, faisant valser les flammes des chandelles. La grande salle à manger s’assombrit, et les ombres des convives immobiles se mirent à danser sur les murs de façon inquiétante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je vous sais féru de science et de technologie, dit le Baron Luisant. C’est pourquoi j’aimerais que vous travailliez pour moi lors d’une ultime expérience, une opération dangereuse et pourtant pleine de promesses qui nécessite des ressources supplémentaires…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- N’acceptez pas, Monsieur Diantre, c’est un piège, interrompit Thomas de Belfort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Allons, mon jeune ami, laissez le Baron s’exprimer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Voici l’offre : vous travaillez avec moi pour activer le phrénographe – avec Élena comme cobaye – pour une ultime fois. Une expérience qui sera sans doute extrêmement dangereuse – peut-être mortelle – pour cette chère jeune fille, mais qui sera un pas de géant pour l’avancement de la Science!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mais c’est ignoble!, s’écria de Belfort. Comment pouvez-vous accepter cette abomination, Élena?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Parce que si je survis, ce sera une source incroyable de pouvoir pour moi! C’est ce que le Baron m’a promis, et je le crois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les trois amis étaient consternés par l’adhésion aveugle aux idées folles du Baron. Diantre poursuivit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Et si je refuse?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Le commissaire et l’autre jeune excité mourront.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’homme au bandeau émis un petit gloussement narquois. Le silence se fit sur les convives, tandis que le brigand-serveur arrivait avec l’entrée – terrine de canard sur verdure – en se demandant bien pourquoi tout le monde était silencieux.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/775707459961959744-7720602754792604966?l=etrangecas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://etrangecas.blogspot.com/feeds/7720602754792604966/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=775707459961959744&amp;postID=7720602754792604966' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/775707459961959744/posts/default/7720602754792604966'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/775707459961959744/posts/default/7720602754792604966'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://etrangecas.blogspot.com/2010/03/chapitre-20.html' title='Chapitre 20'/><author><name>L'Étrange cas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18356542608678781040</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_nHFS1s114bE/SFbNJcFgUPI/AAAAAAAAAAM/_gF7zmrjWbk/S220/parisenne_streen2853.jpg'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-775707459961959744.post-8303369996628747523</id><published>2009-10-30T15:43:00.000-04:00</published><updated>2009-10-30T15:44:21.647-04:00</updated><title type='text'>Chapitre 19</title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Où nous discutons avec le Commissaire Cointreau&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mademoiselle Puce répugnait à aller rencontrer le Commissaire Cointreau, mais il le fallait. Ce gros pacha empoté, traité aux petits oignons par tout le monde à la préfecture, se donnait des airs omniscients et semblait tout imbu de la vénération qu’il inspirait auprès d’employés qui courbaient l’échine devant tant de magnanimité. Cointreau s’était fait une réputation de grand enquêteur à la préfecture, par la manière habille qu’il avait de s’approprier le travail des autres, mais aussi par la notoriété qu’il avait acquise dans Capitaleville, grâce au choix judicieux qu’il mettait à se mêler des enquêtes qui le mettraient en valeur dans les journaux et les hautes sphères mondaines. Cointreau mettait plus d’acharnement comme homme du monde, que comme travailleur. Et cela avait été payant. Son ami M. Lecourrier lui avait été fort utile pour aboutir là où il était : dans un énorme et confortable fauteuil cramoisi et capitonné, derrière un bureau d’acajou ornementé qui seyait à merveille avec l’énormité de sa personne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Que me voulez-vous, mon petit? Soyez succincte, j’ai peu de temps à vous consacrer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cointreau était en effet, jusqu’à l’arrivée de Mademoiselle Puce, dans la lecture du plus récent épisode de son feuilleton favori, Les Mystères de Capitaleville, publié dans la dernière parution du Capital – qu’il avait maladroitement dissimulé devant lui sous une chemise ouverte à la hâte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je… c’est à propos du Commissaire Lerou.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le niveau d’intérêt de Cointreau baissa d’un cran – il n’en avait que faire de cette andouille de Ferdinand. Il intima Puce à poursuivre sa requête, non que le sort de Lerou le préoccupât, mais bien parce que l’occasion d’avoir la jolie secrétaire devant soi lui permit d’admirer ses charmes.&lt;br /&gt;- Éh bien, nous n’avons plus de nouvelles de lui depuis un moment. Et je suis inquiète.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Oui, bien sûr, bien sûr, répondit distraitement Cointreau. Mais l’enquête sur la fille du maire, avance-t-elle?, demanda-t-il soudain avec l’empressement d’un vautour tournoyant sur une carcasse encore chaude.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- C’est le statu quo, en quelque sorte. (Le gros commissaire parût déçu). Mais il était sur une piste, et semble avoir disparu en allant interroger un suspect, le Docteur Luisant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ah, Luisant! Un type bien!, s’exclama le patron de Lerou. Je le côtoie chaque semaine lors de nos rencontres de… de bridge, oui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puce se demanda un moment comment un homme aussi stupide que Cointreau pouvait faire preuve d’intelligence en jouant à ce jeu, mais écarta rapidement ce détail pour poursuivre son idée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je crois qu’une recherche s’impose, Monsieur, que l’on doit intervenir auprès du suspect…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Luisant n’est pas un suspect, coupa brusquement Cointreau, et vous n’avez pas de conseils à me donner, mon petit. Vous n’êtes qu’une misérable secrétaire, retournez à votre bureau, vous avez certainement quelques travaux de sténologie…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Sténographie, rectifia Puce.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-… peu importe! Ne m’interrompez pas et je vous intime pour la dernière fois de disposer…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il prononça ce dernier mot d’une voix grasse, empreinte de méchanceté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Et surtout laissez Luisant… hors de tout ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Dites-le au Commissaire Lerou, répondit Puce, frondeuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Faites-lui le message quand il reviendra! (Puis il ajouta, sur un ton insistant) Parce qu’il reviendra…&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/775707459961959744-8303369996628747523?l=etrangecas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://etrangecas.blogspot.com/feeds/8303369996628747523/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=775707459961959744&amp;postID=8303369996628747523' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/775707459961959744/posts/default/8303369996628747523'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/775707459961959744/posts/default/8303369996628747523'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://etrangecas.blogspot.com/2009/10/chapitre-19.html' title='Chapitre 19'/><author><name>L'Étrange cas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18356542608678781040</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_nHFS1s114bE/SFbNJcFgUPI/AAAAAAAAAAM/_gF7zmrjWbk/S220/parisenne_streen2853.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-775707459961959744.post-5391526174307668152</id><published>2009-10-02T15:33:00.001-04:00</published><updated>2009-10-02T15:49:57.771-04:00</updated><title type='text'>Chapitre 18</title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Tête à tête avec le péril&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;- Mais il y a encore tant de choses que j’aimerais savoir à propos de cette affaire, dit Lerou.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- N’avez-vous point entendu, monsieur le commissaire?, s’impatienta Thomas de Belfort, Monsieur Ziegler propose de nous faire sortir d’ici et de sauver ma chère Élena! Nous discuterons des détails plus tard!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je crois que notre jeune et fringant compagnon a raison, ajouta Louis-Henri Diantre. Nous devons partir d’ici avant que Luisant n’apprenne que nous sommes… ses prisonniers. Et ce, sans même avoir fait l’effort de nous attraper!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- J’ai déjà tenté de m’échapper une fois, commença Ziegler. Malheureusement, ma tentative fut déjouée… par nul autre que le Commissaire Lerou ici présent!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous furent étonnés par cette affirmation. Lerou, un peu offusqué et franchement confus, demanda des explications au scientifique. Ziegler expliqua qu’il avait tenté une évasion par la grande porte d’en avant, mais que le Commissaire et sa secrétaire, venus rencontrer Luisant, cognaient à la porte à ce moment précis. Ziegler avait donc dû jouer au majordome, alors qu’il cherchait à devenir fugitif…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- J’en suis, monsieur, tout à fait désolé, s’excusa Lerou. Si j’avais connu votre situation…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ne vous excusez pas, répondit Ziegler. Ce fut un tour bien malin du destin. Je fus malgré cela réconforté de savoir que la police commençait de s’intéresser au Baron Luisant. Cependant, c’est à partir de ce moment que je fus confiné dans cette cellule. Avant cela, je pouvais aller presque librement de par le manoir. C’est à ces occasions que j’ai pu voir Élena… et faire la connaissance des criminels aliénés au service du Baron…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tant de questions brûlaient les lèvres des compagnons de fortune : comment allait Élena? Qui étaient ces sbires? Quels étaient les motifs du Baron? Mais à cette heure, une seule question devait être posée en priorité : comment sortir d’ici? Diantre avait la clé de la cellule; cette première étape ne devrait pas causer problème, étant donnée la configuration de la serrure. Mais ensuite, par où aller? Retourner par le souterrain, et ainsi affronter à nouveau les Hommes-rat? Où passer par le manoir lui-même et risquer de tomber face-à-face avec le Baron où ses sbires malveillants, criminels aliénés de surcroît?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils n’eurent pas le temps d’élaborer de plan. Des pas se firent entendre à l’extérieur de la cellule. On venait!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous se cachèrent derrière le mobilier rudimentaire, sauf Ziegler qui resta au centre de la pièce, et Diantre qui s’adossa au mur, derrière la porte. Celle-ci s’ouvrit subitement, et un homme entra, toisant Ziegler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’était un homme brut, habillé de vêtement robustes et sales, pantalons et pourpoint beigeasses et usés. Il ressemblait à un marin, ou un brigand, mais possédait dans son allure une aura de mystère et d’intensité. Un bandeau noir recouvrait son œil gauche, tandis que son œil droit se cachait sous une mèche de cheveux noirs, de sorte que l’on ne pouvait voir son regard. Son visage dur, sans expression et sans âge, sous ses cheveux longs, inspirait la peur mais aussi une certaine fascination.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Que se passe-t-il ici Monsieur Ziegler?, demanda-t-il simplement d’une voix douce et rauque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le brigand n’aura pas eu le temps de s’interroger trop longtemps; Diantre poussa la porte violemment, assommant le nouveau venu, et laissant la voie libre à ses compagnons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Voilà messieurs, nous pouvons sortir!, lança-t-il aux autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’était sans compter les six autres brigands qui attendaient à l’extérieur du cachot!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les évadés furent pris par surprise devant les hommes armés qui venaient d’assister à la mise au tapis de leur chef. La rage apparut sur leurs visages sales, et leurs bouches esquissèrent des rictus dévoilant leurs dents malsaines. L’évasion ne serait pas si facile…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ziegler fut le premier à se jeter sur les brigands. Tentative vaine et stupide, puisque Ziegler n’était pas l’homme au physique le plus approprié pour l’attaque au corps à corps. Il se débattit pourtant avec une vigueur démesurée et hurla : « Fuyez! Fuyez! Trouvez le phrénographe et détrui... Ahhh! »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’homme de science s’écroula au milieu de la bande de brutes; les fuyards, quant à eux, n’avaient pas tardé à suivre son conseil. Dans le brouhaha de l’attaque désordonnée de Ziegler, Diantre et ses compagnons s’étaient glissés hors de la cellule, empruntant le chemin par où les brigands étaient venus : l’escalier qui mène au premier étage du manoir du Baron Luisant. Laissant le corps inerte, poignardé, de Ziegler, les hommes de main du Baron se mirent à la poursuite des évadés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les fuyards montèrent l’escalier, puis parcoururent un long couloir noyé dans la pénombre. Ils furent bientôt dans le grand hall du manoir, devant les portes de sortie, mais un homme se tenait au centre de la pièce, les mains derrière le dos, droit, magnanime.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Baron Luisant les accueillit d’un grand rire tonitruant qui résonna dans l’air de la grande pièce. Derrière Diantre, Lerou et de Belfort, les hommes de main les tenaient en respect avec leur poignards menaçants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Bienvenue chez moi, chers amis!, lança simplement le Baron. J’allais me mettre à table, je vous prie de vous joindre à moi! La salle à manger est par ici…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et il les mena vers une porte à double battant, où ils découvrirent une longue table où l’on avait mis le couvert pour de nombreux convives…&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/775707459961959744-5391526174307668152?l=etrangecas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://etrangecas.blogspot.com/feeds/5391526174307668152/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=775707459961959744&amp;postID=5391526174307668152' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/775707459961959744/posts/default/5391526174307668152'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/775707459961959744/posts/default/5391526174307668152'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://etrangecas.blogspot.com/2009/10/chapitre-18.html' title='Chapitre 18'/><author><name>L'Étrange cas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18356542608678781040</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_nHFS1s114bE/SFbNJcFgUPI/AAAAAAAAAAM/_gF7zmrjWbk/S220/parisenne_streen2853.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-775707459961959744.post-957607814933451159</id><published>2009-09-18T14:10:00.001-04:00</published><updated>2009-09-18T14:10:46.617-04:00</updated><title type='text'>Chapitre 17</title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Où l’on déguste un jambon de Bayonne&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;La porte s’ouvrit et la surprise de Ziegler fut grande. C’est que devant l’homme de science se tenaient trois hommes – dont le Commissaire qu’il avait entrevu quelques jours auparavant – alors qu’il semblait s’attendre à y voir quelqu’un d’autre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Qui êtes-vous?, demanda-t-il simplement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Nous nous sommes un peu perdus, répondit Louis-Henri Diantre. Et nous aimerions avoir une conversation avec vous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Vous êtes envoyés par Luisant?, demanda-t-il d’un ton dur. Ou vous venez me libérer?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Non, nous…, commença Diantre. Vous êtes prisonnier?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Alors vous n’êtes pas des hommes de Luisant? Eh bien, oui, je suis ici contre mon gré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Voilà qui est intéressant, constata Thomas de Belfort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Notre ami Lerou était votre voisin de cachot, continua Diantre. Et mon jeune ami et moi sommes ici par un concours de circonstance plutôt fantastique. Je crois que nous avons beaucoup à apprendre de vous, M. Ziegler, et vous de nous… Et de surcroît, nous avons bien des choses à apprendre de ce docteur Luisant!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Bien sûr, répondit l’homme de science, encore étonné de voir débarquer tout ce monde dans sa cellule. Avant tout, messieurs, sortons d’ici!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils se dirigèrent vers la porte, bien décidés à trouver une issue, ou – dans le cas de Diantre et de Belfort – à reprendre le chemin inverse. Cependant, quelle ne fut pas leur surprise de constater que la porte s’était doucement refermée derrière eux, les enfermant dans la cellule de Ziegler!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Qu’est-ce à dire?, s’exclama vivement Thomas. (Il jeta un regard méchant aux autres.) Qui a refermé cette porte?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lerou se sentit rougir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je… je me disais que nous serions plus tranquille pour discuter avec Monsieur Ziegler, et que… enfin…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Diantre consola d’emblée son ami : « Ne vous en faites pas, nous trouverons bien un moyen. Et qui plus est, nous avons la clé entre les mains! C’est, je crois, à notre avantage… »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ziegler s’avança et, malgré sa qualité de prisonnier, exerça son rôle à titre d’hôte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Faisons de mauvaise fortune, bon cœur! Vous devez être affamés. Laissez-moi vous servir quelque chose et je vous raconterai ce que je fais ici.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La cellule de Ziegler était grande, et aménagée de façon tout à fait convenable. Un lit, une table de chevet, même – ce qui n’est pas donné à tout le monde, même à l’extérieur – et un atelier, qui faisait la moitié de la cellule. Table de travail, livre et papiers épars, appareils étranges, dispositifs mystérieux, substances inconnues contenues dans des grandes cruches de vitres, boîtes éparpillées… Ziegler se dirigea vers une armoire d’une il sortit une bouteille de vin rouge, ainsi qu’une grosse pièce de viande – un jambon de Bayonne!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Le Baron Luisant me fournit des vivres forts convenables, comme vous pouvez le constater… C’est son avis qu’un corps bien nourrit est primordial pour aiguiser l’esprit d’un scientifique. Du vin et de la viande rouges, voilà selon lui le secret de la réussite en recherche scientifique!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La dernière phrase fut prononcée sur un ton plutôt sarcastique – Ziegler ne pensait pas que son geôlier fut un scientifique sérieux, particulièrement lorsqu’il confondait science et croyances de mégères.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ziegler commença à trancher finement la pièce de viande avec un long scalpel – mais que faisait donc un scalpel dans la cellule-laboratoire? – tandis que Diantre, qui avait ses priorités, s’affairait à déboucher la bouteille de vin. « Je me demande, pensa Diantre tout haut, si mon cher Edison consomme du jambon de Bayonne… » Il posa ensuite une question qui le chipotait depuis quelques instants : « Vous parlez du Baron Luisant. Il me semblait que tous lui donnaient le titre de Docteur, non? » Le bouchon fit plop!, Ziegler hocha la tête. « Luisant n’a du docteur que le titre, hélas! Quelle farce! Parce qu’il est une tête dirigeante de l’Ordre des phrénologistes, il a cru bon de se proclamer docteur! »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- C’est donc un imposteur, un faux médecin!, dit Lerou, indigné. Ces consultations auprès d’Élena furent donc sans aucune valeur médicale!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Évidemment, mon cher ami, répondit Diantre d’un ton dépité. Puisqu’Élena n’était pas Élena!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Messieurs, interrompit Ziegler, il faut savoir que si le Baron n’est pas un docteur en médecine en bonne et due forme, cela n’enlève en rien son pouvoir – qui est aussi mystérieux que dangereux…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Thomas de Belfort prit la parole, sourcils froncés : « Mais la phrénologie, n’est-ce pas l’une de ces sciences désuètes, vivement discréditée par la communauté scientifique? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- C’est ce qu’on veut vous faire croire, jeune homme. Mais l’Ordre des phrénologues de Capitaleville se réunit toujours, et leurs recherches ont connu des avancés spectaculaires! J’ai cru comprendre que le Baron avait en sa possession un rare manuscrit de Franz-Joseph Gall, qui expose des théories beaucoup plus poussées que ce que l’on peut connaître a priori de la phrénologie. En secret, et grâce aux connaissances du Baron prodiguées par cet inédit de Gall, l’Ordre a développé des pouvoirs que vous ne pouvez pas imaginer – même moi, qui ai entendu le Baron divaguer à ce sujet, je ne peux tout comprendre de ces mystères. Ils naviguent bien au-delà de la simple analyse des vingt-six organes du crâne, ils peuvent maintenant « reformer » un crâne pour en exploiter des facultés encore inexplorées! Ils peuvent – et cela vous paraîtra farfelu – exercer le contrôle des esprits et se servir de leurs capacités mentales pour exécuter des actes incroyables!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Et dire que mon cher Edison est un fervent adepte de la phrénologie..., dit Louis-Henri Diantre, songeusement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Fort possible que Thomas Alva ne connaisse pas l’Inédit de Gall! C’est un texte rare et occulte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le silence se fit dans la cellule. L’on réfléchissait à toutes ces nouvelles informations, qui mastiquant son morceau de jambon, qui contemplant la robe rubis de son verre de vin. Le dandy aventurier reprit la parole : « Et votre rôle, Monsieur Ziegler, quel est-il? Quelle est donc la raison de votre séquestration, et de ces installations? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je suis forcé de faire des recherches pour Luisant, répondit-il sur un ton empreint de découragement. Je suis le scientifique de service, l’exécutant des idées démoniaques du Baron. Je travaille sur diverses recherches impliquant la phrénologie, l’électricité – des ondes, des « fréquences »  liées au cosmos et aux activités cérébrales – j’ai peur de passer pour un fou si je devais vous expliquer en détail… Et si je ne fais pas le travail… Luisant me torture!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Vos travaux touchent-ils… les automates?, demanda mystérieusement Louis-Henri Diantre en sortant une enveloppe de sa poche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ah oui, la mécanique, les automates, comment le savez-vous? Je n’ai pourtant pas touché ces domaines depuis des mois…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Diantre montra les pièces d’engrenage, expliqua le cas de l’automate Élena, et Ziegler acquiesça, confirma qu’il en était l’auteur – sous les ordres de Luisant – et ajouta, au grand soulagement de Thomas de Belfort :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Élena est toujours vivante, elle est d’ailleurs ici-même, dans le manoir. Échappons-nous d’ici et vous pourrez la sauver, avant que le Baron n’aille trop loin avec cet esprit faible!&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/775707459961959744-957607814933451159?l=etrangecas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://etrangecas.blogspot.com/feeds/957607814933451159/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=775707459961959744&amp;postID=957607814933451159' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/775707459961959744/posts/default/957607814933451159'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/775707459961959744/posts/default/957607814933451159'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://etrangecas.blogspot.com/2009/09/chapitre-17.html' title='Chapitre 17'/><author><name>L'Étrange cas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18356542608678781040</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_nHFS1s114bE/SFbNJcFgUPI/AAAAAAAAAAM/_gF7zmrjWbk/S220/parisenne_streen2853.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-775707459961959744.post-165399518057744937</id><published>2009-09-08T13:02:00.001-04:00</published><updated>2010-03-16T13:18:46.601-04:00</updated><title type='text'>Chapitre 16</title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Où l’on fait des rencontres pour le moins étonnantes&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Bonté divine, s’exclama doucement Diantre. Après les Hommes-rats, voici des spectres!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lui et Thomas de Belfort restaient assis sur le sol froid, immobiles, comme pour ne pas effrayer les formes fantomatiques qui se tenaient devant eux. Six jeunes filles aux visages blancs, aux regards tristes, toisaient les deux hommes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’une d’elles prit alors la parole; un courant d’air froid parcourut le tunnel, comme si l’haleine même du spectre exhalait la mort. Sa voix n’était qu’un murmure, mais semblait pourtant faire vibrer le souterrain en entier, projetant d’étranges échos qui semblaient provenir de partout et nulle part à la fois…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Le Baron nous a tués!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les deux hommes restèrent muets d’effroi et d’interrogation. Les réflexes journalistiques de Thomas prirent toutefois le dessus sur la peur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Qui êtes-vous?, demanda de Belfort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Nous ne demandions qu’à vivre, mais le Baron en a voulu autrement!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Qui est le Baron? Qui êtes-vous à la fin?, s’impatienta le jeune homme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Diantre s’adressa à son compagnon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ne comprenez-vous pas? Ce sont les six jeunes filles disparues! (Il se tourna vers les spectres) N’est-ce pas?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Vengez-nous!, fut la seule réponse des figures blanches.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Thomas s’anima soudainement :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Élena! Où est Élena?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans répondre, elles disparurent, ne laissant qu’une trainée vaporeuse qui se dissipa vers le haut, par une fente de la paroi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les deux hommes découvrirent alors la mince fuite de lumière qui traçait la ligne la plus infime dans la noirceur totale du souterrain. C’était, semblait-il, une trappe de bois qui leur avait échappée lors de leur premier passage. Le bruit de leurs pas avait-il éveillé les spectres? Ils l’ignoraient. En fait, les deux hommes se demandaient encore s’ils n’avaient pas rêvé ce moment. Mais ils s’assurèrent pourtant qu’ils avaient été témoins de la même apparition, et les paroles énigmatiques résonnaient encore à leurs oreilles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je crois que nous devrions prendre cette issue, dit Louis-Henri Diantre, faisant référence à la trappe. Je crois que cette apparition était une manière de nous la montrer... Ouvrons-la!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils tendirent les bras vers le haut, et forcèrent jusqu’à ce que le bois se mette à craquer. Thomas s’interrompit pourtant après un moment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Élena… Ma pauvre Élena n’était pas parmi elles! Comment pouvez-vous croire qu’il s’agissait des jeunes filles enlevées si Élena n’était pas là?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- « Nous ne demandions qu’à vivre », vous vous souvenez? Les six que nous avons vus sont celles, hélas!, qui n’ont pas survécu, puisqu’elles sont désormais des spectres… Il y a donc de l’espoir pour Élena, ne croyez-vous pas?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Elles étaient bien sept, n’est-ce pas?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Sept, oui. En incluant Élena… Continuons, nous y sommes presque!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et ils appliquèrent leur force à nouveau contre le panneau, donnant finalement le coup de grâce : leurs bras passèrent au travers du bois, et une bouffée d’air souffla dans leur visage. Pourtant, cette trappe ne donnait pas sur l’extérieur, mais plutôt sur une cave en pierre. Nos deux héros sortirent de la trappe. Dans la noirceur, ils pouvaient deviner qu’ils se trouvaient dans un sous-sol, non plus dans les souterrains des égouts capitalevillois, mais bien dans un bâtiment. Ils avaient, en quelque sorte, atteint la « surface ». La voûte pierreuse était dans la pénombre, à l’exception de deux fentes de lumières à hauteur du sol – de la lumière sous deux portes, manifestement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Diantre s’approcha de la première porte, et s’agenouilla devant elle, l’œil sur le trou de la serrure. Il émit un soupir d’étonnement. La cause en était qu’il pouvait voir, par cet orifice, le profil d’un homme assis sur une couche, tenant sa tête entre ses mains, comme en proie à une profonde migraine. Ce profil lui était tout à fait familier…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il frappa à la porte, et l’homme assis sursauta, regarda vers la porte, comme effrayé. Il hésita à répondre, mais lança un « qui va là? » d’une voix éteinte. Diantre mit ses mains en porte-voix pour recouvrir la serrure, et souffla :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Votre vieil ami, bien entendu!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le prisonnier malheureux – le Commissaire Lerou en personne! – bondit sur ses pieds et s’approcha de la porte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mon cher ami! Louis-Henri Diantre, c’est bien vous?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mais bien sûr que c’est moi, quel idiot vous faites!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- La clé! J’ai cru entendre que la clé est accrochée à la paroi, à quelques mètres à votre droite!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Diantre parcourut à tâtons la distance et, cherchant de ses mains, finit par trouver le grand anneau de fer où plusieurs clés étaient retenues. Il emporta le porte-clés, en essaya une, puis deux, et trouva finalement celle qui permit d’ouvrir la porte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Pouvons-nous entrer? Nous n’avons rien emmené, hélas, malgré qu’il doit être l’heure de l’apéritif!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Thomas et Louis-Henri Diantre entrèrent, et ce dernier pu constater, à la lumière d’une simple lanterne, le teint pâle de son ami.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ah, Louis-Henri! Vous n’avez pas idée de tout ce qui m’est arrivé! Quelle aventure inimaginable! Figurez-vous que je suis allé pour une simple interrogation chez l’aliéniste Luisant… nous voilà donc, dégustant l’apéritif et quelques huîtres, lorsque je me suis soudainement senti étourdi… Quand je suis revenu à moi, j’étais enfermé ici, dans l’état lamentable où vous me voyez maintenant. Me croirez-vous si je vous dis que j’ai été la malheureuse victime d’un empoisonnement de la part du Docteur Luisant? En dix ans de métier, je n’ai jamais vu ça! (Il fit une pause.) Mais… qu’est-il arrivé à votre habit, cher ami? Il est taché et couvert de poussière!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Eh bien, nous avons nous-mêmes vécus quelques péripéties plutôt distrayantes... Nous vous raconterons plus tard. Vous vous souvenez de Thomas de Belfort, le journaliste du Capital?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Heureux de vous revoir, Monsieur. Commissaire Ferdinand Lerou de la Préfecture de police de Capitaleville.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Sortons d’ici, voulez-vous?, s’empressa de dire Diantre. Prenons votre lanterne, nous avons perdu la nôtre dans notre énervement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils sortirent de la cellule, emportant lanterne et porte-clés. Ils s’arrêtèrent toutefois à la porte voisine, d’où parvenait également de la lumière. Louis-Henri Diantre jeta un œil dans la serrure, y vit un homme assis à une table, en train d’écrire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Il y a un homme, là, dans cette pièce, chuchotta le dandy. J’ignore de qui il s’agit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lerou prit sa place devant le trou de la serrure. Il reconnut l’homme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- C’est Ziegler, l’assistant de Luisant… Il serait bon de lui faire une petite visite de courtoisie…&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/775707459961959744-165399518057744937?l=etrangecas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://etrangecas.blogspot.com/feeds/165399518057744937/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=775707459961959744&amp;postID=165399518057744937' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/775707459961959744/posts/default/165399518057744937'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/775707459961959744/posts/default/165399518057744937'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://etrangecas.blogspot.com/2009/09/chapitre-16.html' title='Chapitre 16'/><author><name>L'Étrange cas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18356542608678781040</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_nHFS1s114bE/SFbNJcFgUPI/AAAAAAAAAAM/_gF7zmrjWbk/S220/parisenne_streen2853.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-775707459961959744.post-7895791104373438518</id><published>2009-08-28T15:10:00.000-04:00</published><updated>2009-08-28T15:21:28.658-04:00</updated><title type='text'>Chapitre 15</title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Où le Sombre Inconnu frappe encore&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant un moment, tous se tinrent tout à fait cois : Louis-Henri Diantre, Thomas de Belfort, et la tribu à demi décimée des Hommes-rats s’étaient tournés vers l’étrange vision tombée du plafond.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une araignée géante s’était abattue sur le sol pierreux de la carrière, dans un fracas cliquetant. La créature, tombée sur ses pattes, resta immobile un instant, puis se mit à marcher, lentement, mécaniquement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Hommes-rats, soudainement pris d’une panique indicible, fuirent de tous côtés, laissant en plan les deux compagnons et leur mystérieux rescapé. Laissant les cadavres de leurs compagnons sur le sol de la carrière, les Hommes-rats se précipitèrent dans des alcôves et autres anfractuosités rocheuses, disparaissant dans des ténèbres que les torches ne pouvaient percer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Diantre se précipita vers son compagnon, s’éloignant de l’araignée, dont l’inexorable et lente avancée éveillait la crainte par l’allure hiératique de sa démarche. Le cliquetis des pattes sur le sol donnait fit courir des frissons dans le dos à Thomas de Belfort. Cherchant toujours à emmener le Sombre Inconnu, inconscient, vers la sortie présumée, il ne pouvait détacher ses yeux de l’horrible arachnide dont le corps avait la taille d’un veau, et dont les pattes, très longues, donnait une envergure impressionnante à la créature.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ayant rejoint son compagnon, Diantre observa le Sombre Inconnu, toujours inanimé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- C’est le moment ou jamais, mon cher ami… Démasquons-le!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ne devrions-nous pas plutôt nous enfuir?, demanda le jeune homme, la voix en prise à un tremblement de frayeur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Cela ne prendra qu’une petite seconde, dit Louis-Henri Diantre en se baissant vers l’inconnu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce que le dandy inventeur vit, en se penchant, fut une nuée d’étoile. Une douleur cinglante au visage lui coupa le souffle, et le renversa par en arrière. Pendant quelques secondes, la confusion lui fit oublier le lieu où il se trouvait et le danger imminent qui le menaçait. En rouvrant les yeux et retrouvant ses esprits, il comprit que le Sombre Inconnu avait interrompu ses intentions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Monsieur Diantre! Comment vous sentez-vous?, demanda Thomas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Que s’est-il passé?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Notre sombre compagnon nous a quittés, laissant l’empreinte de ses bottes sur votre visage, j’ai bien peur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur ces derniers mots, il sortit un mouchoir de la poche de son veston et l’appliqua sur le nez ensanglanté du dandy secoué. Il continua ses explications :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Il a enfourché l’araignée, et ils sont brusquement remontés par où la bestiole était venue… par en-haut!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils levèrent les yeux, et distinguèrent une trappe, semblable à une bouche d’égout, à vingt mètre au-dessus de leur tête, au plafond de la voûte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Évidemment, commenta Diantre, impossible de sortir par là, à moins que vous me fassiez la courte échelle?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Thomas de  n’était pas en mesure d’apprécier l’ironie de son compagnon. Il était fatigué, il avait froid, ses vêtements étaient humides, et son enthousiasme juvénile s’était métamorphosé en désespoir teinté de frayeur. Pourtant, la belle Élena Lecourrier était toujours présente à son esprit, et le dévouement inconditionnel qu’il lui vouait alimentait encore la flamme de l’aventure qui brûlait encore – quoique faiblement durant cette heure sombre – en son cœur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Filons plutôt, Monsieur Diantre, avant que les Hommes-rats ne ressortent de leurs trous! Êtes-vous en état de continuer?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ne soyez pas ridicule, répondit Diantre en se levant, puis en trébuchant, son bel habit souillé par le sang et la poussière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tenant toujours son mouchoir sur son nez endolori, Diantre prit la tête et, le jeune journaliste à sa suite, se dirigea vers le conduit. Derrière eux, les Hommes-rats ressortaient de leurs cachettes et s’approchaient, un air de vengeance dans leurs petits yeux rouges. Bientôt, les créatures des ténèbres s’étaient approchées et les deux hommes pressèrent le pas vers ce qu’ils présumaient être la sortie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Il faut s’échapper d’ici au plus vite!, s’écria Thomas. Nous avons assez perdu notre temps!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils grimpèrent dans l’orifice du conduit, et commencèrent leur ascension. Bizarrement, les Hommes-rats s’étaient immobilisés, et ne semblaient plus enclins à poursuivre les deux hommes. Après quelques minutes d’une montée en pente douce, la noirceur devint plus intense, et bientôt les deux compagnons devaient avancer à tâtons. Leur avancée fut longue, et le couloir semblait sans fin. Après une quinzaine de minutes à progresser dans les ténèbres, Thomas s’impatienta :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ce conduit ne finira-t-il jamais?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Peut-être avons-nous raté une issue, mais comment savoir dans cette noirceur?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Certes. Revenons sur nos pas… Cela ne mène nulle part!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Nous devons pourtant continuer, mon jeune ami, il n’y a pas d’autre issue. Peut-être préférez-vous revenir entre les mains des Hommes-rats?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Justement, Monsieur Diantre, ne trouvez-vous pas étrange qu’aucun d’entre eux ne nous ait suivis? Il y a d’autres issues dans le repaire des Hommes-rats, j’en suis persuadé. Je retourne sur mes pas, adieu!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Vous commettez là une sottise, Monsieur de Belfort! Vous retournez vous jeter dans la gueule du loup!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je n’en peux plus, de ces ténèbres, adieu vous dis-je!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les pas du jeune homme s’éloignèrent dans le couloir. Diantre resta immobile dans les ténèbres, écoutant les derniers échos du départ de son acolyte. Le jeune journaliste avait sans doute raison : à l’heure actuelle, les Hommes-rats étaient peut-être partis, et retourner à leur repaire – qui était éclairé – permettrait peut-être d’envisager une nouvelle piste, ou de trouver une nouvelle sortie. Le Sombre Inconnu n’avait-il pas réussi à s’élever vers la voûte et à disparaître complètement?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La voix lointaine de Thomas de Belfort interrompit les pensées de notre héros. Les cris de « Diantre! Diantre! Venez vite! » résonnaient dans le long conduit souterrain. Le dandy accourait aussi vite qu’il le pouvait malgré la noirceur – qui semblait pourtant se dissiper – et l’étroitesse du tunnel, jusqu’à ce que sa course soit brusquement interrompue par une collision! Il avait, sans s’en rendre compte, rejoint de Belfort, en le percutant violemment!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Encore étourdi et toujours étendu sur le sol humide, Thomas de Belfort sembla prit d’un soudain accès de colère : « Elles ont disparu! Elles ont disparu, et cela à cause de vous! Ne pouviez-vous pas me rejoindre silencieusement? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mais, de quoi parlez-vous à la fin?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Diantre comprit alors de qui il était question : une lueur vaporeuse se matérialisa devant ses yeux, et il comprit ce que Thomas avait vu de si extraordinaire. Des formes humaines se formaient dans cette lueur, et Diantre y reconnut des jeunes filles, belles et tristes...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/775707459961959744-7895791104373438518?l=etrangecas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://etrangecas.blogspot.com/feeds/7895791104373438518/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=775707459961959744&amp;postID=7895791104373438518' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/775707459961959744/posts/default/7895791104373438518'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/775707459961959744/posts/default/7895791104373438518'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://etrangecas.blogspot.com/2009/08/chapitre-15.html' title='Chapitre 15'/><author><name>L'Étrange cas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18356542608678781040</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_nHFS1s114bE/SFbNJcFgUPI/AAAAAAAAAAM/_gF7zmrjWbk/S220/parisenne_streen2853.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-775707459961959744.post-8997607412757802608</id><published>2009-08-21T11:44:00.001-04:00</published><updated>2009-08-21T13:00:56.354-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='hommes-rats'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Compagnons de Sainte-Barbe'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Sombre Inconnu'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Louis-Henri Diantre'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Ignace'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Thomas de Belfort'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='souterrain'/><title type='text'>Chapitre 14</title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Dans le repaire des Hommes-rats&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Résignés, Louis-Henri Diantre et son compagnon de fortune, Thomas de Belfort, avançaient dans l’étroit couloir sombre et humide où Ignace, l’étrange bossu, les avait enfermés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je n’ai aucune confiance en ces compagnons de Sainte-Barbe, grogna Thomas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Et pourtant, répondit Diantre à voix basse, je crois que cet Ignace nous a jeté dans ce « piège » pour le bien de notre mission. Prenez-le comme une visite privilégiée des entrailles de Capitaleville, Monsieur de Belfort. N’est-ce pas là un merveilleux sujet de reportage qui saura vous apporter gloire et fortune?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les yeux de Thomas tentèrent de percer l’obscurité en direction de son compagnon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Seulement si je survie pour pouvoir le rédiger!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Louis-Henri Diantre s’arrêta dans le passage, bloquant l’avancé du journaliste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ne soyez pas si pessimiste, dit-il d’un ton badin; puis, sortant une flasque de la poche intérieure de son veston, il prit une gorgée et la passa au jeune homme. Trouvez-donc un peu de réconfort ici, mon cher ami.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce bref instant de répit sembla ragaillardir les deux hommes, qui poursuivirent plus vivement – et en silence – leur progression dans la lueur blafarde de leur lanterne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Thomas de Belfort avait déjà entendu parler de cet hurluberlu de Diantre, mais son enthousiasme – ou son inconscience, peut-être – lui redonna courage. Il lui sembla que, quoiqu’il puisse arriver, la présence de Diantre ne pouvait que rendre l’aventure moins difficile, voire même amusante!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toutefois, ce qui parvint tout-à-coup à leurs oreilles ne les amusèrent point. Un cri strident sembla émaner du bout du couloir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils s’arrêtèrent brusquement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Non, chuchota Thomas. Pas encore ça! Je refuse d’aller plus loin!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Et par où voulez-vous sortir, je vous prie?, demanda Diantre sur un ton sarcastique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aucune autre issue n’était possible. Il fallait aller de l’avant à la rencontre des horribles créatures.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une lueur apparut, puis de la lumière. Les deux hommes étaient parvenus au bout du passage, et ce qu’ils virent leur glaça le sang. En contrebas, dans un espace qui semblait avoir été une carrière, des dizaines d’hommes-rats s’activaient. L’endroit grouillait des ces créatures poilues; au centre, Diantre et de Belfort pouvaient apercevoir une forme longue, comme celle d’un corps emballé dans un filet de jute. « Qui ont-ils capturés? », demanda Thomas à mi-voix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les cris stridents des hommes-rats ressemblaient à des rires hystériques; la fébrilité des monstres étaient palpables.  Vers la gauche, cependant, Thomas pouvaient observer, à la lumière des torches, un groupe plus tranquille, des hommes-rats qui entouraient, sur le sol, plusieurs corps inertes de leurs semblables. Cela ressemblait à des victimes de l’attaque auquel ils avaient été mêlés. « Comment sont-ils parvenus jusqu’ici?, se demanda Diantre. Il y a certainement une autre issue que ce passage-ci… » Il se mit à chercher du regard les parois qui entouraient la place souterraine, cherchant une autre entrée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au centre, on déroulait le filet de jute; Thomas se retint de pousser un cri. « Diantre! Voyez plutôt… »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est un corps entièrement vêtu de noir qui roula par terre hors du filet. Le Sombre Inconnu! Les Hommes-rats, pour une raison que nos héros ignoraient, avaient capturé le mystérieux homme qui hantait les nuits de Capitaleville. Diantre s’imagina ce qui avait pu se passer entre le moment où ils avaient aperçu la silhouette en noir dans la carrière souterraine, puis celui où les Hommes-rats avaient attaqué, puis finalement cet instant précis où chut le corps de l’inconnu sur le sol du repaire des bêtes immondes. Il se souvint des paroles d’Ignace concernant le Sombre Inconnu, et comment ce dernier semblait être, tout compte fait, un allié plutôt qu’un ennemi…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Il faut sauver le Sombre Inconnu, chuchota-t-il à l’oreille de Thomas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Vous êtes fou!, fut sa réponse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un cri horrifiant de victoire parvint du fond de la carrière. À entendre les Hommes-rats si victorieux, Diantre fut conforté dans son opinion selon laquelle le Sombre Inconnu était un ennemi du Mal, et un atout dans la résolution de leur enquête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Thomas pointa vers la gauche :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ce petit groupe-là, Diantre, ceux qui comptent les corps…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Nous allons les prendre d’assaut!, répondit Diantre, sans laisser le temps à son compagnon de terminer son observation. Je prends les torches, je crée une diversion, tandis que vous aller porter le corps du Sombre Inconnu en lieu sûr, c’est-à-dire, dans l’ouverture que vous pouvez voir à votre droite, en bas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il montra à Thomas une ouverture d’égout d’où coulait une eau jaunâtre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Vous êtes cinglé, Diantre!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Vous me l’avez déjà dit, mon cher ami. Allez, adieu!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Louis-Henri Diantre si hissa hors du conduit, et descendit le long des anfractuosités rocheuses. La descente fut ardue et pourtant fort rapide; Diantre, dans son empressement, ne prenait pas garde où il mettait les pieds, et faillit se rompre le cou à nombreuses reprises. Les pierres qu’il faisait imprudemment tomber n’attirèrent pas l’attention des Hommes-rats, tout absorbé qu’ils étaient par d’étranges préparatifs autour du Sombre Inconnu. Il semble qu’ils réunissaient le nécessaire pour créer un bûcher…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand Diantre parvint à hauteur du petit groupe d’endeuillés, il saisit une roche grosse comme un vase à fleur, et alla fracasser la tête de l’une des créatures qui lui tournait le dos. Il s’empara de sa torche avant que les autres ne se jettent sur lui, puis les menaça de la flamme; il asséna un coup de torche au plus entreprenant. Sa fourrure et ses haillons prirent feu, et ses cris de panique attirèrent l’attention de tous les Hommes-rats.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est à ce moment que Thomas amorça sa descente rapide du côté opposé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Diantre saisit sa flasque et en prit une grande goulée. Il recracha la gorgée d’alcool à travers la torche, en direction des Hommes-rats qui se dirigeaient vers lui. L’effet fut des plus saisissant, tandis que certains Hommes-rats se firent chauffer les oreilles, deux ou trois autres moins prudents prirent feu. La surprise joua en faveur de l’attaquant solitaire, tandis que les bêtes immondes furent prises de panique par cet homme qui se prenait pour un dragon. Mais l’effet de surprise ne dura que peu de temps, et Diantre commença sa progression vers la sortie, crachant le peu d’alcool qui lui restait et semant la confusion…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Thomas parvint rapidement au corps inerte du Sombre Inconnu, et le prenant sous les aisselles, il commença de le traîner vers la sortie. Il lui parut léger… Un homme plutôt frêle, ou un adolescent? Dès que le jeu se calmerait, Thomas se promit de démasquer l’inconnu, cependant que deux Hommes-rats prenaient connaissance de sa présence…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Hommes-rats, maintenant habitués aux jets de flammes, tenaient tête à Diantre de façon moins hésitante. Ils entouraient maintenant le dandy, qui était maintenant à cours d’alcool. Son numéro de cracheur de feu était terminé. Un autre groupe d’Hommes-rats portaient maintenant leur attention sur Thomas, qui tentait de prendre le Sombre Inconnu à bras-le-corps pour l’emmener vers la sortie. Devant comme derrière, le jeune journaliste était maintenant coincé par les affreuses créatures souterraines. Impossible d’atteindre l’issue salvatrice. Au même moment, la meute se refermait sur Diantre, mais ce qui se produisit alors laissa toute l’assemblée pantoise – assaillants et assaillis sans distinction.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Du plafond de la voûte tomba, hideuse et magnifique, une araignée géante.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/775707459961959744-8997607412757802608?l=etrangecas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://etrangecas.blogspot.com/feeds/8997607412757802608/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=775707459961959744&amp;postID=8997607412757802608' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/775707459961959744/posts/default/8997607412757802608'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/775707459961959744/posts/default/8997607412757802608'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://etrangecas.blogspot.com/2009/08/chapitre-14.html' title='Chapitre 14'/><author><name>L'Étrange cas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18356542608678781040</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_nHFS1s114bE/SFbNJcFgUPI/AAAAAAAAAAM/_gF7zmrjWbk/S220/parisenne_streen2853.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-775707459961959744.post-2408662949187237161</id><published>2009-08-11T09:52:00.000-04:00</published><updated>2009-08-21T12:57:28.628-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='apéritif'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Luisant'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='engrenages'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Lerou'/><title type='text'>Chapitre 13</title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Où l’on passe une soirée en compagnie du docteur Luisant&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;La lumière des chandelles filtrait au travers du liquide ambré contenu dans la petite coupe de cristal fin. Le brandy réchauffait le corps de Lerou, refroidit par la tombée du soir et par l’ambiance austère du salon où il se trouvait. Sur un plateau d’argent, des huîtres ouvertes offraient la nudité de leur chair translucide aux désirs des deux hommes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’était à l’heure de l’apéritif que Lerou avait frappé à la porte du manoir du Docteur Luisant, et c’est avec son perpétuel sourire énigmatique que l’étrange personnage l’accueillit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je suis sincèrement désolé pour la disparition de votre ami, dit-il de sa voix haut perchée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lerou prit une gorgée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Cette histoire nous embête, Docteur. C’est pour cette raison que je suis venu vous questionner à propos de ceci.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il mit la main dans sa poche, en sortit l’enveloppe. Les yeux de Luisant suivaient tous les gestes du Commissaire, tel un animal furtif aux aguets, sans que son sourire ne s’efface.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Il semble que cette pièce soit l’œuvre de votre assistant, M. Ziegler. Est-ce bien le cas, Docteur Luisant?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Il faudrait lui demander, Commissaire!, répondit Luisant. Je crois qu’il est occupé en ce moment. Il n’est pas du genre à prendre l’apéritif, ni à déguster les huîtres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Il est bien travaillant, remarqua Lerou.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Luisant pressa un quartier de citron au dessus du calice nacré de l’une des huîtres, puis avala le mollusque d’un coup. Il reprit la conversation, changeant de sujet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Votre secrétaire ne vous a pas accompagné, Commissaire? J’aurais voulu lui proposer du travail; il y a tant de rapports de laboratoire à écrire, tant de détails que l’on doit noter pour la postérité, pour la Science!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Elle doit produire des rapports de fin de journée pour la Préfecture, docteur. Elle les rédige en hâte, sans finesse, mais elle est dotée d’une grande volonté. (Il but une gorgée). Mais dites-moi plutôt, Docteur, que fait donc M. Ziegler ici?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le visage de Luisant s’ouvrit, comme s’il faisait « ah! ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Monsieur Ziegler travaille pour moi. Il est, en quelque sorte, le scientifique de service. C’est moi qui ai les idées, Ziegler, lui, les mets en pratique. Je n’ai pas l’habitude des laboratoires, mais mon assistant est aguerri. Vous n’êtes pas sans savoir que la phrénologie est une discipline qui m’intéresse tout particulièrement, en plus de ma vocation en tant qu’aliéniste. Ces disciplines combinées à ma curiosité scientifique m’ont amené à créer une nouvelle sorte de science, une épi-métaphysique que je qualifierais de révolutionnaire. Pour cela, j’avais besoin de l’expertise de Monsieur Ziegler, un scientifique fort en biologie, en mécanique et en électricité. Sans vouloir entrer dans les détails, disons que j’ai établi un lien entre la psyché et certaines énergies électriques encore inconnues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Commissaire, à demi intéressé par ce discours qui le dépassait un peu, interrompit Luisant, une huître à la main.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Vous ne m’avez toujours pas fait part de votre opinion concernant ces pièces, Docteur Luisant. Celle-ci (et il lui montra la plus fine des deux) est identique à ce que nous avons trouvé dans l’automate d’Élena. Selon notre source, elle serait l’œuvre de votre cher Monsieur Ziegler. Qu’en est-il?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et il s’adossa dans son siège, satisfait de la tournure de sa question. Luisant ne pouvait plus ne pas répondre. Le Commissaire engloutit son huître et prit une gorgée comme s’il trinquait à lui même. Il fut soudain si fier qu’il en ressenti une sorte d’euphorie. Curieuse sensation, comme si l’ivresse lui venait déjà, lui qui n’avait pourtant pas terminé son premier verre!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le sourire de Luisant se fit insistant, mais aucune parole ne sortit de sa bouche. Il sembla au Commissaire que les yeux du docteur s’agrandissaient démesurément, d’une façon à peine perceptible. Le silence se fit plus pesant, si lourd qu’il sembla que ses oreilles se bouchaient, ne laissant entendre que le bruit de l’intérieur de son crâne. Ce fut soudainement comme si son cerveau bourdonnait, tandis que le visage de Luisant prenait une telle ampleur que Lerou avait l’impression d’assister au lever de la lune au bord d’un gouffre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le salon s’embrouilla. Lerou ne pouvait plus bouger, tout devint flou, comme vue au travers de la chair de mollusque, avec le visage blanc de Luisant comme une perle énorme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis tout sembla disparaître.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le verre du Commissaire lui échappa des mains, et il sombra dans l’inconscience.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/775707459961959744-2408662949187237161?l=etrangecas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://etrangecas.blogspot.com/feeds/2408662949187237161/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=775707459961959744&amp;postID=2408662949187237161' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/775707459961959744/posts/default/2408662949187237161'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/775707459961959744/posts/default/2408662949187237161'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://etrangecas.blogspot.com/2009/08/chapitre-13.html' title='Chapitre 13'/><author><name>L'Étrange cas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18356542608678781040</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_nHFS1s114bE/SFbNJcFgUPI/AAAAAAAAAAM/_gF7zmrjWbk/S220/parisenne_streen2853.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-775707459961959744.post-4740138376344473640</id><published>2009-07-17T08:46:00.002-04:00</published><updated>2009-07-17T09:09:42.497-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='hommes-rats'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Compagnons de Sainte-Barbe'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='vampire'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Sombre Inconnu'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Louis-Henri Diantre'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Ignace'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Thomas de Belfort'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='souterrain'/><title type='text'>Chapitre 12</title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Où l’on fait la connaissance d’un mystérieux peuple souterrain&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la carrière souterraine abandonnée, les torches donnaient aux petits bossus difformes des ombres grotesques et dansantes sur les parois blanches des voûtes. Louis-Henri Diantre et Thomas de Belfort observaient, subjugués, la silhouette du Sombre Inconnu, qui les toisait de loin du haut de sa corniche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De la vingtaine de bossus qui entouraient les deux hommes, l’un d’entre eux s’avança vers eux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Que voulez-vous?, demanda-t-il d’une voix rauque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Nous cherchons cet homme!, lança Diantre en montrant le Sombre Inconnus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le chef de la bande rit doucement. Sur la corniche, le Sombre Inconnu se retourna d’un geste théâtrale, en ramenant sur lui-même sa cape, et disparut dans une alcôve tel un vampire regagnant son tombeau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Thomas de Belfort fit un pas vers l’avant, comme s’il allait partir à la poursuite de sa proie, mais il fut arrêté par les torches menaçantes des habitants de la carrière. La chaleur des flammes effleura ses joues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Bienvenue chez nous, messieurs, commença le bossu. Notre maître a dû nous quitter. Vous devez rester avec nous, maintenant, sinon vous ne retrouverez jamais votre chemin dans le dédale souterrain de Capitaleville.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mais qui êtes-vous donc?, demanda Thomas de Belfort avec un empressement journalistique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Nous ne sommes nulle part, et nous sommes partout! Nous n’existons pas mais nous voici devant vous! Nous sommes les Compagnons de Sainte-Barbe, et nous allons vous aider à trouver ce que vous cherchez!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Le Sombre Inconnu!, s’exclama Thomas. Mais vous l’avez laissé fuir!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Vous oubliez Élena, rappela Diantre à l’intention du jeune homme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mais ils ne savent rien de cette affaire!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le chef des troglodytes eut un petit rire; il avait un large sourire fin, un petit nez porcin et ces grands yeux jaunes sous un bonnet de cuir épais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Nous en savons plus que vous ne pourriez le croire, Monsieur le journaliste! Les souterrains et les catacombes n’ont aucun secret pour nous. Nous allons et venons à notre gré, et possédons de nombreuses sources d’information partout dans la ville. Notre maître est à la surface, lui, et dans les airs, aussi! Offrez-nous le contrôle d’un journal comme le vôtre, monsieur Thomas de Belfort, et nous pourrions remplir des pages et des pages d’anecdotes et de faits divers tous plus incroyables les uns que les autres! Mais vous devez être affamés! Venez par ici…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il les mena à un coin où une table était dressée. De longues chandelles au centre de la table s’élevaient. Une bouteille de vin fut amenée, et des assiettes rapidement posées. Le chef des Compagnons prit place et fit signe à Diantre et de Belfort qu’ils pouvaient faire de même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’on servit alors aux invités une poêlée de champignons, chaude et parfumée; Diantre ne put y résister.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- C’est tout à fait succulent, Monsieur… Monsieur?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mon nom est Ignace, Compagnon de Sainte-Barbe, pour vous servir. Ce sont des champignons que nous cultivons nous-mêmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ils sont sublimes, commenta Diantre, approchant une coupe que l’on venait de remplir d’un vin couleur de rubis. Et ce vin semble vieilli à point!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ignace éclata de rire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Notre royaume est une cave à vin! Les ténèbres et l’humidité sont nos amis; goûtez plutôt les bonnes choses que la moiteur des caves nous apporte!, dit Ignace en montrant le champignon piqué au bout de sa fourchette. Ce que les gens de la surface craignent, nous, nous en récoltons les fruits!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Thomas de Belfort, toujours méfiant, goûta du bout des lèvres; mais Diantre se régala de ce petit repas improvisé, qu’il termina en entamant un grand fromage de Brie à la croûte moussu, bien fait et savoureux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il poursuivit la conversation avec Ignace :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Tout étonnement mis à part, je concède que vous devez avoir un point de vue privilégié sur notre ville. Vous nous proposiez votre aide gracieuse il y a un instant, et nous l’acceptons volontiers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Nous voulons bien vous aider, oui, mais notre aide n’est pas « gracieuse ». Nous vous aiderons, mais en échange, vous devez laisser le Sombre Inconnu tranquille! Laissez-le aller! Cela sera mieux ainsi, pour vous, pour lui et pour nous!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mais nous le croyons coupable…, commença Thomas de Belfort. Il se reprit : disons, impliqué dans l’affaire d’enlèvements…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Rien n’est plus faux, croyez-moi!, répondit vivement le troglodyte. Laissez-le aller, vous verrez… Ce sont les jeunes femmes que vous devez retrouver! Laissez-nous vous guider…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mais quel lien entretenez-vous avec lui, Monsieur Ignace?, demanda Thomas sur un ton inquisitoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Vous devez vous mettre en route, répondit brusquement Ignace. Ces questions trouveront leurs réponses en temps voulu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Diantre et de Belfort échangèrent un regard. Qu’y avait-il à craindre? Devaient-ils faire confiance aux Compagnons? Ils n’eurent pas le temps de décider : une sorte de sifflement strident et fort se fit entendre dans le souterrain, amplifié par l’écho caverneux des galeries. Les Troglodytes se mirent à regarder autour d’eux, nerveusement. « Il faut partir! », lança leur chef. Ils se mirent à courir vers une galerie au fond de la carrière; Louis-Henri Diantre et Thomas de Belfort suivirent sans résister la vague des Troglodytes apeurés. Autour d’eux, la horde de bossus courait, et des murmures essoufflés par la course laissaient entendre les mots « hommes-rats, hommes-rats, hommes-rats »…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Dans quel pétrin me suis-je embourbé? », se demanda Diantre. Un pressentiment étrange lui faisait pourtant croire que ces hommes des souterrains allaient le mener vers une solution à cette énigme. Mais pourquoi les Compagnons de Sainte-Barbe voulaient-ils les aider? Et qu’en était-il de leur « maître », le Sombre Inconnu? Pourquoi donc tentaient-ils des les convaincre de le laisser aller librement? Le Sombre Inconnu serait-il un allié à leur cause?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n’eût pas le temps de tirer des conclusions : en pénétrant une plus grande galerie, au milieu de laquelle un canal laissait circuler l’eau, des sifflements stridents se firent entendre. « Ce sont eux! », lança le chef des Compagnons. Les bossus produisirent des frondes de leurs manteaux crasseux; leurs haillons volèrent par en arrière, dévoilant des tuniques en cote-de-maille. Les frondes se mirent à tourner dans des sifflements inquiétants, et nos deux héros trouvèrent refuge dans des anfractuosités rocheuses, afin d’éviter d’être happés par cet armement simple et pourtant dangereux. Diantre entendait voler les projectiles, mais vers où étaient-ils lancés? Il ne le voyait point. Il n’entendait que des cris stridents et le son de l’eau qu’on éclabousse. Plus loin dans la galerie, dans les ténèbres, il crut deviner des points rouges qui dansaient. Il comprit que ces points rouges étaient des yeux… Quelle créature pouvait bien être dotée de tels yeux? Serait-ce les hommes-rats dont il avait entendu parler quelques minutes auparavant?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un cri fort et strident se fit entendre, et Diantre sentit un corps humide lui tomber sur le dos; il fut renversé par en arrière par la créature, et il sentit quelque chose se resserrer autour de son cou… Son agresseur tentait de l’étrangler! Et retournant la tête vers sa gauche, il découvrit avec horreur le museau poilu et gris, les petites dents pointues, et ces longues moustaches qui lui chatouillaient la joue… un homme-rat! Il ne se débattit que quelques secondes, frénétiquement, secoué d’un frisson d’horreur, lorsqu’une torche vola contre la tête de l’homme-rat, du côté opposé à Diantre. La bête poussa un gémissement insupportable et laissa aller Diantre. Tandis que le dandy se dégageait, un pieu s’enfonça dans la poitrine de la misérable créature. C’était Ignace, qui lui offrit au même moment sa main. « Relevez-vous et filons! »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils grimpèrent au-dessus dans une ouverture – celle d’où était sorti l’homme-rat – et marchèrent un moment accroupis dans un conduit sombre et humide. Ils débouchèrent dans une petite grotte, où l’on pouvait voir, à la lueur de la lampe d’Ignace, une grille un peu plus petite que la taille d’un homme. Ignace déverrouilla la serrure de la grille, invita les deux hommes à y pénétrer. Puis, à leur grande surprise, la grille se referma, tandis qu’Ignace les regardait de l’autre côté…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Trahison!, hurla Thomas! C’était un piège, Monsieur Diantre!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Allons, allons, dit calmement Ignace. Ce que vous cherchez se trouve au bout de ce conduit… Marchez à tâtons, vous vous rendrez…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Espèce de misérable…, commença Thomas, mais il fut interrompu par Diantre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Monsieur Ignace, merci de votre aide! Grâce à vous, nous avons pu éviter ces créatures affreuses…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ne me remerciez pas trop vite, Monsieur Diantre! Car votre destination est ni plus ni moins que &lt;em&gt;le repère des hommes-rats&lt;/em&gt;!&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/775707459961959744-4740138376344473640?l=etrangecas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://etrangecas.blogspot.com/feeds/4740138376344473640/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=775707459961959744&amp;postID=4740138376344473640' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/775707459961959744/posts/default/4740138376344473640'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/775707459961959744/posts/default/4740138376344473640'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://etrangecas.blogspot.com/2009/07/chapitre-12.html' title='Chapitre 12'/><author><name>L'Étrange cas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18356542608678781040</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_nHFS1s114bE/SFbNJcFgUPI/AAAAAAAAAAM/_gF7zmrjWbk/S220/parisenne_streen2853.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-775707459961959744.post-8102739635183272605</id><published>2009-07-10T13:23:00.001-04:00</published><updated>2009-07-17T09:11:37.253-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Vigo'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Ziegler'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Sombre Inconnu'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Mademoiselle Puce'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Luisant'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Monsieur Decamp'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Lerou'/><title type='text'>Chapitre 11</title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Ombres et lumières&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Ah quelle soirée mouvementée, mademoiselle Puce! Diantre a poursuivi le Sombre Inconnu sur un cheval et a disparu dans la nuit! »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aux bureaux de la Préfecture, la lumière matinale pénétrait la fenêtre et venait éclairer la pile de feuille sur la table de travail du Commissaire Lerou. Mademoiselle Puce, sa secrétaire, était déjà en poste, plume à la main.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Un autre rapport à rédiger, donc? », demanda-t-elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- J’ai bien peur que vous deviez remettre la main à la pâte, chère amie! J’apprécie beaucoup votre dévouement; tandis que je cours aux indices, vous vous donnez corps et âme afin de tout remettre en ordre – sur papier – les étranges circonvolutions de cette affaire! Commençons donc par résumer les événements de la nuit dernière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lerou fit le récit de la visite chez Decamps, de l’entretien décousu de Vigo, l’employé bossu, de la fuite du Sombre Inconnu – qui semblait s’échapper de l’atelier – et de la poursuite en fiacre, puis à cheval, entre le Sombre Inconnu et Louis-Henri Diantre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Ah, nous pouvons ainsi fermer le dossier du vélo volé? », demanda Puce avec une pointe de malice.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- A-t-il jamais été ouvert? Ah, parlant de vol, il y a une déposition à faire. Une lanterne volée et une affiche d’auberge vandalisée!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Commissaire, sauf votre respect… nous sommes plongés dans une affaire d’enlèvements, face à la disparition de notre ami Louis-Henri Diantre et à la poursuite d’un suspect mystérieux, et vous tenez à rédiger une déposition pour un petit vol et vandalisme?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Tout à fait! Ces petits larcins ont été commis à peine quelques secondes avant la disparition de notre ami, et du Sombre Inconnu. Ils s’agit donc d’indices, aussi futiles soient-ils.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Une lanterne… quelqu’un aurait-il eu besoin d’une lanterne? Et pourquoi?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- C’était la nuit, dit le commissaire lentement. Il est bien entendu qu’une lanterne aura été d’une grande utilité pour les principaux intéressés. Nous avons vérifié les environs, en compagnie d’une escouade de gendarmes, et leur disparition est totale! Aucune trace, sinon le vélo couché et le cheval qui faisait le pied de grue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Et votre visite chez Decamps?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Nous avons rencontré cet étrange bossu, Vigo. Je ne sais trop que penser de lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mademoiselle Puce observait Lerou avec tendresse et ironie. Ah, qu’il ne la laissât mener l’enquête! Il pourrait certainement la faire avancer plus rapidement! Le Commissaire Lerou semblait toujours bloqué par quelque chose, par une sorte d’incertitude. La disparition de Louis-Henri Diantre y était sans doute pour quelque chose; le dandy donnait confiance en Ferdinand Lerou, et maintenant que son ami était absent, le pauvre homme de Loi était désemparé. Comme Mademoiselle Puce aurait eu des choses à lui dire! Mais elle n’était que sa secrétaire, après tout… Rédiger des rapports, être loin de l’action, les enquêtes criminelles n’étaient pas la place d’une femme, bien entendu!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle le trouva beau, son Commissaire, face à la fenêtre, pensif et lissant sa fine moustache. Elle trouvait sa maladresse attendrissante. Elle ajusta son chignon et se décida enfin à interrompre la réflexion de son patron.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Vous avez parlé d’une enveloppe, de pièces d’engrenage… Ce qui vous a mené chez Decamps. Vous n’aviez pas terminé d’examiner cette piste, je crois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Voyons, Mademoiselle Puce, laissez-moi à mes déductions, je vous en prie. (Il fit une pause.) Je crois que vous avez raison, nous n’avons pas éclaircie cette histoire de roue d’engrenage. Ah, vous auriez sans doute fait un bon enquêteur, n’eût été de votre sexe!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle leva les yeux vers le plafond, et trouva le Commissaire ridicule.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Il y avait deux roues, une de Decamps – selon Louis-Henri – et une autre plus fine, cuivrée, d’origine inconnue. Elle était très luisante, celle-là!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mademoiselle Puce ouvrit grand les yeux en direction du Commissaire, comme si elle cherchait à lui faire dire quelque chose. Lerou fronça les sourcils devant ce regard; oubliait-il un détail?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Que venez-vous juste de dire?, demanda la secrétaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Éh bien, que la pièce de métal était luisante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- …?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- À quoi pensez-vous?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle chassa une mouche invisible d’un geste désinvolte de la main.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je ne sais pas, je me disais seulement que vous n’aviez pas interrogé ce Docteur Luisant depuis un moment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je ne vois pas le lien entre le Docteur Luisant et cette affaire. Il s’est lui-même avoué impuissant face aux restes de l’automate, précisant qu’il n’était pas horloger, mais bien aliéniste phrénologue!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Retournez voir Vigo.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Bien sûr, bien sûr, c’était mon intention, que croyez-vous?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je crois que l’absence de Diantre vous assombrie l’esprit. Qu’attendez-vous?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Vous avez raison. En route!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils furent à l’atelier Decamps en quelques minutes. Monsieur Decamps les accueillit, et les mena à Vigo, occupé à construire un automate en forme d’araignée géante. La structure à huit pattes impressionna les deux employés de la Préfecture, et le petit bossu sembla flatté par les regards étonnés de ses visiteurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais quand Vigo aperçut Mademoiselle Puce, son sourire s’étira – la présence de la jeune femme sembla l’émouvoir brièvement, comme s’il la reconnaissait. Son rictus s’effaça en se tournant vers Ferdinand Lerou, et il parut se redonner une contenance. « Que puis-je encore? » demanda-t-il, faisant référence à la nuit dernière. Il parut moins perturbé que lors de la visite précédente. « Pourquoi donc?, se demanda Lerou. Il m’a l’air bien mieux disposé qu’hier soir... »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Monsieur Vigo, nous avions oublié de vous demander une chose. Nous avons reçu deux roues d’engrenage de manière anonyme. L’une venait de cet atelier-ci, et l’autre d’on ne sait où…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ah oui, intervint Monsieur Decamps, qui travaillait plus loin dans l’atelier. Monsieur Diantre me les a montrées!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- L’autre était cuivrée, brillante, aux dents plus fines…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ah, je vois… répondit le bossu, énigmatique. Petit engrenage fin. Bien lustré, oui. C’est le style de Ziegler!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Qu’est-ce donc qu’un… qu’un style de Ziegler ?, demanda Lerou.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Celui qui m’a tout apprit. Les engrenages, les automates… c’est de lui, oui, que Vigo a apprit…Ah oui, très fin les mécaniques de Rudolph Ziegler…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ziegler… (Le Commissaire se tourna vers sa secrétaire.) N’avons-nous pas rencontré un Ziegler chez le Docteur Luisant?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- En effet, serait-ce le même?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vigo fit signe que oui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Nous vous remercions de votre collaboration, messieurs!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils sortirent. Nul doute : Lerou retournerait chez Luisant interroger ce Ziegler. Il donna congé à sa secrétaire, et s’en fut héler un fiacre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et Lerou ne vit point le regard complice entre Vigo et sa secrétaire…&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/775707459961959744-8102739635183272605?l=etrangecas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://etrangecas.blogspot.com/feeds/8102739635183272605/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=775707459961959744&amp;postID=8102739635183272605' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/775707459961959744/posts/default/8102739635183272605'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/775707459961959744/posts/default/8102739635183272605'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://etrangecas.blogspot.com/2009/07/chapitre-11.html' title='Chapitre 11'/><author><name>L'Étrange cas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18356542608678781040</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_nHFS1s114bE/SFbNJcFgUPI/AAAAAAAAAAM/_gF7zmrjWbk/S220/parisenne_streen2853.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-775707459961959744.post-2618803087739398957</id><published>2009-06-26T16:20:00.002-04:00</published><updated>2009-07-17T09:12:33.664-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Sombre Inconnu'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Louis-Henri Diantre'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Éléna'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Thomas de Belfort'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='souterrain'/><title type='text'>Chapitre 10</title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Dans les entrailles de la ville&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Louis-Henri Diantre et Thomas de Belfort était assis côte-à-côte dans le sombre tunnel souterrain où ils venaient de chuter, l’un après l’autre. Si le jeune journaliste était bel et bien tombé sur ses pieds (écrasant du coup la main de son nouveau compagnon de fortune), Diantre, quant à lui, était tombé sur le dos, se heurtant la tête, et perdant un moment connaissance. Ce fut la douleur dans sa main qui le ramena à la réalité. « Comment avez-vous abouti ici? », demanda Diantre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je vous ai suivi…En fait, depuis le moment où vous vous êtes rendu à l’atelier Decamps, avec le policier, j’étais là. Lorsque vous avez commencé à poursuivre le Sombre Inconnu, je me suis accroché au fiacre à un tournant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Vraiment?, demanda, incrédule, Diantre. Puis il fronça les sourcils : Vous êtes à demi fou!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Tout autant que vous, monsieur Diantre, sauf votre respect. Déharnacher un cheval en course pour poursuivre une ombre, c’est du grand art!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le dandy se sentit flatté, un moment, puis suspicieux. Pourquoi ce jeune homme était-il si obstiné à le poursuivre, lui qui… Ah oui, le Sombre Inconnu… Et Élena, bien entendu! Thomas de Belfort était fou d’Éléna, comme le Commissaire Lerou le lui avait fait remarquer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Vous êtes sur les traces de la fille du maire, n’est-ce pas?, demanda Diantre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je ne peux rien vous cacher. Et je sais qu’en suivant vos traces, je la retrouverai plus aisément. Que diriez-vous si nous cherchions ensemble?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je veux bien, d’autant plus que nous ne pouvons remonter par où nous sommes venus…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils levèrent la tête, voyant le lourd couvercle à trois mètres au-dessus de leurs têtes. Diantre continua :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- J’étais à poursuivre le Sombre Inconnu, avant de perdre connaissance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je vous ai suivi par cet orifice quelques minutes après vous… J’ai été dans l’obligation… d’emprunter cette lanterne à la devanture d’une auberge.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Bien, nous en aurons besoin ici. Levons-nous et mettons-nous en route. Êtes-vous armé? Je vois là une barre de métal à votre côté…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- C’est l’outil qui m’a servi à déplacer le couvercle… J’espère que l’aubergiste ne m’en voudra pas trop d’avoir abimé son enseigne!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les deux hommes se mirent en marche dans la galerie glauque et humide. Éclairée par la seule lueur de la lanterne de Thomas, ils avançaient en plein mystère. De quel côté était allé le Sombre Inconnu? Diantre marchait derrière le journaliste, songeant à la facilité avec laquelle le jeune homme était parvenu à les rattraper une fois le cheval du fiacre détaché. C’est que la poursuite a été longue, et surtout rapide – trop rapide pour qu’un homme à pied puisse les suivre! Certes, de Belfort était fringant et athlétique, mais tout de même…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un doute se forma dans l’esprit du dandy : et si Thomas de Belfort était lui-même le Sombre Inconnu? Cela expliquerait comment le scribe du journal Le Capital s’était si facilement retrouvé à ses côtés… Un rapide changement de costume et voilà! Mais si c’était le cas, où le menait-il? Ce fut la question qu’il posa à haute voix au jeune homme : « Je ne fais que suivre la galerie, monsieur Diantre! Je ne connais le chemin pas plus que vous… »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Et pourquoi n’avons-nous pas pris l’autre côté?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je ne le sais pas plus que vous, monsieur…Vous pouvez toujours rebrousser chemin, si le cœur vous en dit. Mais nous n’avons qu’une seule source de lumière!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Alors passez-moi la lanterne, et laissez-moi passer devant!, lança Diantre de façon autoritaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Soit, j’ai confiance en votre instinct. (Il marqua une pause, un peu gêné.) C’est que je m’intéresse à vos entreprises depuis un bon moment, monsieur. Vos inventions me fascinent, et je ne manque jamais de m’informer de vos voyages et autres aventures. Guidez-moi vers Éléna, monsieur Diantre, je vous en supplie!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À la fois flattée et suspicieux, Diantre pris la tête dans l’étroite galerie voûtée. Ils marchèrent encore un moment, jusqu’à ce qu’ils parviennent à un carrefour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- De quel côté, jeune homme?, demanda Louis-Henri. Je crois que mon incomparable instinct me fait défaut…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De Belfort ignora la question. Cela n’avait pas d’importance, d’ailleurs : ils ne savaient pas de quel côté s’orienter…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Et comment avez-vous connu Élena?, demanda l’inventeur pour briser la monotonie de la longue galerie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ah, j’ai souvent dû couvrir des événements mondains, pour le journal. Monsieur le Maire y est très souvent… ainsi que sa fille. Dès la première fois où j’ai vu sa magnifique tête blonde, sa nuque délicate, ses yeux lumineux... – enfin vous comprenez, monsieur… je l’ai aimée dès le premier coup d’œil!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ah, jeunesse!, souffla rêveusement Diantre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La galerie s’ouvrit sur une grande place, si grande que la lanterne ne pouvait éclairer la pièce entière. « C’est grand ici », remarqua Thomas. À ce moment, un mouvement attira leur attention vers leur droite. Quelque chose avait bougé, mais quoi? Ils retinrent leur souffle, les sens en alerte. Un bruit, comme un pas sur un sol graveleux. Quelque chose – ou quelqu’un – était tapis dans le noir, et les deux hommes ne pouvaient voir de quoi il s’agissait, jusqu’à ce que deux orbes lumineux fasse leur apparition, tel un levé de lune derrière un horizon invisible. Deux grandes lueurs jaunâtres, deux pièces d’or dans les ténèbres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deux yeux qui les observaient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les deux hommes furent secoués d’un frisson de terreur à l’idée de se qui se tapissait dans l’ombre, et qui – ils pouvaient le sentir maintenant – scrutait leurs moindres mouvements dans ce cloaque humide. Ces deux yeux les observaient, et bientôt, c’est le regard d’une vingtaine de paires de ces mêmes yeux qui étaient braqués sur eux. « Nous sommes au mauvais endroit au mauvais moment », chuchota Thomas d’une voix tremblante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est alors que des torches s’allumèrent d’un coup, comme en réponse à un signal. Louis-Henri Diantre et Thomas de Belfort se trouvaient dans un grand espace souterrain, d’une blancheur jaunie par la lueur des flammes – une ancienne carrière de gypse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sous les torches, les grands yeux étaient toujours là, mais dans la clarté, des corps s’étaient dessinés : c’était une vingtaine d’étranges créatures, petites, rabougries, ressemblant à des ogres… des bossus! Des petits bossus en haillons, aux bouches larges, et aux grands yeux jaunes. Les deux hommes étaient fascinés par l’apparition des ces êtres souterrains.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et sur une sorte de corniche calcaire, au-dessus d’eux vers leur gauche, ils virent alors la forme noire qu’ils cherchaient : le Sombre Inconnu, bras croisés sur la poitrine, qui les observaient en silence.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/775707459961959744-2618803087739398957?l=etrangecas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://etrangecas.blogspot.com/feeds/2618803087739398957/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=775707459961959744&amp;postID=2618803087739398957' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/775707459961959744/posts/default/2618803087739398957'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/775707459961959744/posts/default/2618803087739398957'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://etrangecas.blogspot.com/2009/06/chapitre-10.html' title='Chapitre 10'/><author><name>L'Étrange cas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18356542608678781040</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_nHFS1s114bE/SFbNJcFgUPI/AAAAAAAAAAM/_gF7zmrjWbk/S220/parisenne_streen2853.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-775707459961959744.post-761496339244446610</id><published>2009-06-19T15:20:00.001-04:00</published><updated>2009-07-17T09:13:15.587-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='trésor'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Oncle Théodore'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Louis-Henri Diantre'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Yvette'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Thomas de Belfort'/><title type='text'>Chapitre 9</title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Visions dans les ténèbres&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;C’était une grande maison à la campagne, où le garçon avait son petit atelier. Il devait avoir douze ans à peine, mais déjà beaucoup d’habileté avec les outils. Il avait beaucoup de temps pour lui, car c’était les vacances d’été, et son oncle Théodore lui laissait tout le loisir de s’adonner à ses constructions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais l’oncle Théodore était souvent absent, navigant à bord de grands voiliers vers des contrées inconnues, rapportant à chaque fois d’innombrables trésors dont l’explication donnait lieu à de longs récits que le garçon écoutait sans se lasser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le petit atelier du garçon, situé à l’arrière de la grande maison – une maison de jardinier – de nombreuses inventions étranges et astucieuses étaient exposées; le garçon était toutefois le seul visiteur de ce musée des merveilles. Car le garçon était solitaire et ne voyait presque jamais personne; outre son oncle – qui s’absentait pendant des mois – le garçon voyait sa tante – qui lui apprenait les rudiments de l’étiquette et de la mondanité – et Yvette, la bonne, qui était là depuis sa naissance, et qu’il voyait davantage comme une grande sœur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La petite maison de jardinier était le domaine du garçon, qui s’y rendait chaque matin d’été pour avancer quelque projet de machine bizarre. Il n’était interrompu que par l’arrivée d’Yvette pour les goûters; ces interruptions étaient le moment d’avaler des tartines, des fruits, mais aussi une occasion pour le garçon de tester tel ou tel dispositif dont Yvette devenait le cobaye.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis un jour, l’oncle Théodore revint de voyage, mais cette fois, son arrivée fut encore plus triomphale qu’à l’habitude. Théodore Diantre ramenait un trésor à la maison, et ce fut un événement. Des collègues, des gens du monde, des militaires notoires, la maison était l’hôte de cette arrivée triomphale. Un trésor! Pour le garçon, son oncle Théodore était maintenant un homme riche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À travers les dames du monde poudrées et les militaires en uniforme d’apparat, le garçon fut guidé par Yvette vers son oncle, qui le prit par les épaules : « Louis-Henri, tu n’auras jamais à subvenir à tes besoins! Tu pourras travailler à tes inventions comme bon te semble, sans te soucier d’avoir le ventre vide. (Puis il se tourna vers les convives.) Mon neveu est un petit génie, nous entendrons parler de lui, je vous l’assure! »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et il prit un verre de champagne, et leva un toast. Louis-Henri fit un salut courtois à l’assemblée, car il n’était point intimidé par les mondanités, et y trouvait même un certain plaisir. Il savait maintenant son destin tracé, et il en fut à la fois heureux et inquiet. Il n’aurait jamais à se soucier de sa subsistance, mais quelle place trouverait-il dans ce monde où tout lui serait servi sur un plateau d’argent?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vie continua pourtant, le luxe se multiplia, et les mondanités redoublèrent. Son oncle n’avait plus beaucoup de temps pour lui, même s’il ne voyageait plus. Le garçon continua ses inventions, fit des études. Les années passèrent et le fameux « trésor du Professeur Théodore Diantre » passa à la légende. Puis Théodore mourut d’un mal étrange; plusieurs affirmèrent qu’il avait été contracté dans les lointaines contrées explorées par l’oncle aventurier…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La peine qui affligea le jeune Louis-Henri, maintenant âgé de dix-huit ans, fit maudire ce trésor – amas de richesse qui devait assurer son avenir, mais qui était un cadeau empoisonné. Il se souvient d’un jour… son oncle et lui étaient descendus dans la cave de la maison, l’énorme coffre en bois foncée trônant triomphalement au centre de la pièce exiguë. Le coffre était rempli de bijoux anciens, de pièces d’or, de diamants… « Une seule poignée te suffit pour vivre confortablement pour le restant de tes jours! N’est-ce pas incroyable? » Et il plongea sa main dans le contenu du coffre, ressortit sa main maintenant pleine et l’approcha de la lampe à huile; il fit briller les métaux précieux dans la lueur de la lampe, mais accrocha du coude le couvercle du coffre qui se referma sur la main du garçon. La douleur lui fit pousser un cri, puis la lumière de la lampe s’intensifia; sa tête se mit alors à tourner et à lui faire terriblement mal, et il se sentit désorienté, aveuglé, comme si le monde qui l’entourait tombait maintenant dans le néant, et la dureté du sol se fit sentir sous son corps. Tout son corps semblait avoir absorbé un choc, puis, une voix qu’il ne reconnut pas se fit entendre dans la lumière blanche : « Pardon monsieur Diantre! Je crois vous avoir écrasé la main dans ma chute! »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ses yeux maintenant ouverts, Louis-Henri Diantre se souvint de la folle poursuite contre le Sombre Inconnu à travers les rues de la ville, et comment il s’était laissé tomber au fond de la bouche d’égout. La lumière perdit de son intensité – l’homme devant lui avait mis de côté la lanterne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Qui êtes vous?, demanda Diantre, encore confus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Thomas de Belfort, monsieur, je suis journaliste, et je vous ai suivi jusqu’ici, dans les profondeurs de Capitaleville!&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/775707459961959744-761496339244446610?l=etrangecas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://etrangecas.blogspot.com/feeds/761496339244446610/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=775707459961959744&amp;postID=761496339244446610' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/775707459961959744/posts/default/761496339244446610'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/775707459961959744/posts/default/761496339244446610'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://etrangecas.blogspot.com/2009/06/chapitre-9.html' title='Chapitre 9'/><author><name>L'Étrange cas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18356542608678781040</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_nHFS1s114bE/SFbNJcFgUPI/AAAAAAAAAAM/_gF7zmrjWbk/S220/parisenne_streen2853.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-775707459961959744.post-2855861359135745804</id><published>2009-06-12T15:54:00.001-04:00</published><updated>2009-07-17T09:14:17.753-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Vigo'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='cheval'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='bicyclette'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Sombre Inconnu'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Mademoiselle Puce'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Monsieur Decamp'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Lerou'/><title type='text'>Chapitre 8</title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Grands mystères et petits larcins&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je ne parlerai pas à la police! Pas à la police! Je ne parlerai qu’à Diantre! Vous m’entendez?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La voix rauque du bossu chuintait dans la nuit, reptilienne, tandis que le Commissaire Lerou faisait les cent pas dans l’atelier. Il ignorait toujours ce que le Sombre Inconnu faisait dans la petite usine d’automates, et si oui ou non Vigo savait qu’il s’y trouvait. Le grotesque personnage travaillait de nuit, lorsqu’il avait été dérangé par les deux hommes. Agacé d’avoir été dérangé dans son travail, il refusait de répondre aux questions de l’agent de la Préfecture – car il n’aimait point la police.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Souhaitez-vous déclarer un vol, Monsieur?, demanda Lerou. Ceci nous serait utile afin de retrouver le Sombre Inconnu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mais rien n’a été volé, Monsieur…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mais le Sombre Inconnu est entré par effraction dans l’atelier dont vous avez la charge! Vous ne pouvez le nier! Il est sorti par la fenêtre, vous l’avez vu comme nous, c’est même vous qui l’avez pointé!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le bossu paraissait irrité par le Commissaire; il jouait avec les pièces disposées sur la table devant lui, comme impatient de retourner à son travail.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mais je ne l’ai pas vu, pas ici… J’ai entendu un bruit, mais cela aurait pu être des pigeons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- N’avez-vous point vérifié si tout était en place?, demanda le Commissaire, exaspéré. Manque-t-il quelque chose? A-t-on volé? Vous a-t-on attaqué?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Tant de questions… laissez-moi travailler! Je parlerai à Diantre…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Diantre a filé dans la nuit à la poursuite du Sombre Inconnu! J’invoque votre aide, en son nom… le nom de Diantre, je veux dire… Ne voulez vous pas aider Diantre?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Pas à la police…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’obstination du bossu était sur le point de venir à bout du commissaire de la Préfecture, lorsque le son d’un fiacre se fit entendre à l’extérieur. On frappa violemment à la porte. Vigo alla ouvrir (espérant peut-être que par cette ouverture, un courant d’air emporterait le policier chez le diable), et un homme à l’air furieux pénétra dans l’atelier, cherchant le commissaire des yeux. Le trouvant, il leva le doigt et dit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Votre ami, il s’est sauvé en me volant un cheval! Votre ami est FOU!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Allons, du calme, monsieur…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il l’interrompit brusquement :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je désire déclarer un vol!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vigo se tourna vers Lerou avec ironie :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- La voilà votre déclaration de vol, monsieur le Commissaire! Maintenant bonne nuit!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lerou porta sa main au menton, ce qui était le signe chez lui d’une profonde réflexion. Il semblait chercher un fil conducteur à tous ces événements. Il s’adressa au cocher : « Je ne peux tout de même pas lancer un mandat contre Diantre, ses intentions étant nobles, malgré le tort qu’il aura pu causer à votre cheval. Mon bon ami tentait simplement d’attraper un intrus, le Sombre Inconnu, comme il se fait appeler par les journaux…»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les yeux du cocher s’agrandirent et sa bouche s’entrouvrit; un masque de terreur couvrit son visage : « Le Sombre… le Sombre…c’était donc cela, ce petit homme en noir à bicyclette! (Il leva les bras, soudain animé.) Il avait la tête comme une mouche, et filait de gauche à droite, comme une panthère! Il filait dans la nuit, volant comme une chauve-souris! Je l’ai vu, monsieur le Commissaire! Ah çà, quand je raconterai cela au bistrot! »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Que me dites-vous là, il était à bicyclette et filait à toute vitesse?, demanda Lerou.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vigo eu un petit rire bref, comme amusé par les prouesses de celui qui, plusieurs minutes plus tôt, était un intrus potentiellement indésirable dans l’atelier Decamps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Cocher, pouvez-vous nous conduire là où Diantre est allé?, demanda le Commissaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- C’est que… je l’ai perdu de vu après qu’il ait détaché le cheval.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Alors partons à sa recherche!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Oui, c’est ça, répliqua vivement le bossu, sortez! Allez-vous-en! Laissez-moi travailler en paix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le cocher et le Commissaire sortirent, mais sur le pas de la porte, ce dernier se retourna vers Vigo :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Notez bien que je vous ai à l’œil! Ce n’est pas net, toute cette histoire…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les deux hommes montèrent dans le fiacre, auquel il manquait un cheval. Ils remontèrent lentement le boulevard, scrutant les pavés pour retrouver des traces.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Voyez!, s’exclama Lerou en pointant le sol devant le fiacre. Sur le pavé, là, ces marques noires! Ce sont des traces de pneumatiques de bicyclette! Tournez à droite!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils empruntèrent une petite rue; en suivant les marques de pneumatiques, ils parvinrent à refaire l’itinéraire de la poursuite, puis, en débouchant sur un autre boulevard, ils trouvèrent le cheval qui patientait, debout sur la chaussée. « Mon cheval! », s’exclama le cocher. « Et voici le vélo volé! », ajouta Lerou en apercevant la machine gisant en bordure du boulevard. « C’est bien ce que je croyais, la bicyclette fantastique de Louis-Henri! »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Commissaire examina un moment avec une certaine admiration la bicyclette de son ami inventeur. « Quelle machine! », pensa-t-il, cependant qu’un vieil homme en robe et bonnet de nuit, qui ressemblait à un général d’armée, s’approchait de lui. « Ah, chuchota le vieil homme à travers sa moustache en guidon blanche, vous êtes de la police! » Lerou se remit debout, droit, et claqua des talons. « Monsieur? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Il y a eu du grabuge, des galops de chevaux, des bruits de chute, de course, on n’a pas idée, à cette heure, de faire tout ce boucan!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Et qu’avez-vous vu?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Rien, quand je suis parvenu à me mettre debout, et à sortir, il n’y avait qu’un cheval et une bicyclette!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Et personne?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Personne! Et pourtant…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il fit demi-tour, s’approcha de l’entrée de sa demeure – une auberge –, et montra des trous dans la brique à côté de la porte – comme si quelque chose qui était fixé avait été arraché…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- On m’a volé la lanterne accrochée à mon entrée! Et regardez ce qu’ils ont fait avec l’affiche de mon auberge!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’affiche gisait sur les pavés, sans son support.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Monsieur, déclara le Commissaire, je veux bien prendre en note cette déclaration de vol et vandalisme. Pour une soirée aussi mouvementée, ce sont là de biens petits crimes à inscrire au dossier…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Car ces menus larcins cachent de plus grands mystères, pensa-t-il. Où peuvent bien se trouver Diantre et le Sombre inconnu? »&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/775707459961959744-2855861359135745804?l=etrangecas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://etrangecas.blogspot.com/feeds/2855861359135745804/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=775707459961959744&amp;postID=2855861359135745804' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/775707459961959744/posts/default/2855861359135745804'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/775707459961959744/posts/default/2855861359135745804'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://etrangecas.blogspot.com/2009/06/chapitre-8.html' title='Chapitre 8'/><author><name>L'Étrange cas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18356542608678781040</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_nHFS1s114bE/SFbNJcFgUPI/AAAAAAAAAAM/_gF7zmrjWbk/S220/parisenne_streen2853.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-775707459961959744.post-7239012400522602265</id><published>2009-06-05T11:45:00.003-04:00</published><updated>2009-06-05T12:02:06.143-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Sombre Inconnu'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Louis-Henri Diantre'/><title type='text'>Chapitre 7</title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Où l’on chasse les ombres&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les naseaux des chevaux émettaient de la vapeur dans l’épaisseur humide de l’air nocturne, et leurs yeux noirs reflétaient les scintillations de la lune. Les huit sabots tenaient un rythme infernal sur les pavés, cadence amplifiée par l’écho des édifices de part et d’autre du char, donnant à la folle équipée des allures de bolide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Louis-Henri Diantre avait passé la tête par la porte ouverte du fiacre, encourageant le cocher à presser l’allure. Le dandy ne perdait pas de l’œil la cape sombre volant devant eux, sur les grandes et fines roues du vélocipède qu’il avait lui-même construit. « Si le Sombre Inconnu sait comment fonctionne ma machine, il peut aisément semer ce fiacre, même tirée par deux chevaux… », se dit l’inventeur, pensant au système d’engrenage sophistiqué qu’il avait mis au point pour augmenter les performances de la bicyclette.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le vélo empruntait les tournants sans effort, et Diantre pouvait entendre grogner le cocher, qui n’appréciait pas du tout cette chevauchée trop sportive et ces virages qui menaçaient de faire basculer le fiacre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Diantre décida d’agir seul : il laissa la porte du fiacre s’ouvrir au vent, qui alla claquer contre la cabine. Puis, en s’accrochant à ce qu’il put trouver, il sortit de la cabine et, par le côté du véhicule toujours en course, il rejoignit le cocher sur son banc. « Continuez, monsieur, je vais tenter le tout pour le tout! », cria-t-il au cocher. Puis il s’avança vers le cheval de droite, et sauta sur son dos, sur la partie postérieure de la bête, et tenta alors de s’avancer. Puis il entreprit de détacher les harnais de l’animal dont les muscles travaillaient à plein régime. « Vous êtes fou! », s’exclama le cocher, qui regrettait décidément d’avoir accepté cette course nocturne, au lieu de profiter de la chaleur d’un feu et de la fraîcheur d’une chopine de bière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Louis-Henri gardait un œil sur la forme sombre qui filait devant eux, et qui commençait à prendre de l’avance sur le large boulevard, tout en continuant de détacher les sangles qui retenaient encore le cheval au fiacre. D’autres fiacres s’écartaient de la trajectoire du bolide, et les cochers –  par habitude – pestaient. Puis, il ordonna au cocher de ralentir – ce qu’il fit, trop content de se débarrasser de ce passager par trop exigeant – et Diantre lança un cri pour lancer la bête, maintenant libre de ses attaches. Le cheval au poil brun se mit au galop, et l’inventeur, qui n’avait pas l’habitude des chevauchées équestres, s’accrocha comme il put tout en basculant de côté – d’autant plus qu’aucune selle ne lui permettait de s’asseoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au loin, le Sombre Inconnu jetait des coups d’œil vers son poursuivant, et Diantre put voir sa tête. L’inconnu portait ce qui ressemblait à une cagoule épousant la forme de sa tête, et ses yeux étaient dissimulés derrière des lunettes rondes, comme celles d’un plongeur, cerclés de cuir. Cet accoutrement lui donnait une allure sinistre, comme celle d’une mouche. Sa large cape noire volait au vent. Le reste de son accoutrement était constitué d’un habit et de bottes d’équitation, également noirs. L’homme qui se cachait sous ce déguisement semblait athlétique, sans pour autant être costaud; un adolescent, peut-être, compte tenu de son endurance et de son agilité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La bicyclette prenait maintenant des tournants brusques vers de plus petites rues transversales, et Diantre peinait à diriger le cheval comme il l’aurait désiré. Devant, le cycliste inconnu porta la main à une boîte située sur le côté de la roue arrière de la bicyclette. « Le super-ressort!, pensa Diantre. Il connaît le fonctionnement du super-ressort! » Le Sombre Inconnu tira une manette contre la boîte; lorsque la manette fut au bout de sa course, la boîte produisit un claquement sec dans la nuit, et la bicyclette accéléra dans un bond prodigieux. La frustration se mêla d’une immense fierté chez Diantre, qui fut à même de constater la grande efficacité de son invention, dont l’ingéniosité se retournait maintenant contre lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le cycliste avait prit une avance considérable, mais Diantre eut encore la possibilité de le voir tourner au loin, vers la droite. Il fit dévier le cheval vers la droite, dans une rue parallèle à celle que le mystérieux personnage avait emprunté, dans l’espoir de l’intercepter dans une rue parallèle. Or en débouchant au bout de la petite allée, il tomba presque face-à-face avec le Sombre Inconnu! Le cycliste avait en effet fait le tour du quadrilatère, sans se douter que Diantre aurait également tourné. L’homme en noir – qui n’avait pas vu Diantre – était arrêté, et avait posé la bicyclette contre un mur. Le dandy immobilisa le cheval et observa de loin les gestes du singulier personnage qu’il poursuivait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Sombre Inconnu se dirigea vers une bouche d’égout au centre de la chaussée. Tirant le couvercle d’un coup de crochet dissimulé dans sa manche, la forme noire disparut dans les profondeurs de l’ouverture. Le couvercle se referma.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Louis-Henri Diantre descendit – ou plutôt, se laissa tomber – de sa monture et courut vers le lieu ou avait disparu sa proie. Il chercha un moyen de soulever le couvercle de métal et, n’en trouvant point, entreprit de soulever la lourde pièce avec ses doigts. Il parvint à faire bouger le couvercle rond, le tassa quelque peu, et s’assit par terre pour finir de pousser le lourd couvercle avec les talons de ses chaussures.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« À nous deux, sombre imbécile », lança-t-il pour lui-même avant de se laisser tomber dans le trou.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le corps de Louis-Henri Diantre s’écrasa en un bruit mat. Et les ténèbres furent.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/775707459961959744-7239012400522602265?l=etrangecas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://etrangecas.blogspot.com/feeds/7239012400522602265/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=775707459961959744&amp;postID=7239012400522602265' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/775707459961959744/posts/default/7239012400522602265'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/775707459961959744/posts/default/7239012400522602265'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://etrangecas.blogspot.com/2009/06/chapitre-7.html' title='Chapitre 7'/><author><name>L'Étrange cas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18356542608678781040</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_nHFS1s114bE/SFbNJcFgUPI/AAAAAAAAAAM/_gF7zmrjWbk/S220/parisenne_streen2853.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-775707459961959744.post-3188166280346321586</id><published>2009-05-15T09:24:00.004-04:00</published><updated>2009-07-17T09:16:16.663-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Élena'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='fiacre'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Vigo'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='apéritif'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Philibert'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='bicyclette'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Sombre Inconnu'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Louis-Henri Diantre'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Monsieur Decamp'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='engrenages'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Thomas de Belfort'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Lerou'/><title type='text'>Chapitre 6</title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Où l’on prend l’apéritif&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Telle une abeille butinant de fleur en fleur, la bouteille d’absinthe fit une autre tournée de verre en verre, sous la main experte de Louis-Henri Diantre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Diantre et le Commissaire discutaient depuis maintenant une heure, tout en sirotant l’apéritif, faisant une récapitulation minutieuse des événements des dernières heures. Ils en étaient maintenant au Docteur Luisant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Comment est ce Docteur Luisant?, demanda Diantre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Un bien singulier gentilhomme, si vous voulez mon avis, répondit Lerou.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Dans quelle mesure?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Quelque chose d’indéfinissable, vraiment. Je pense qu’il n’est pas d’un grand secours, pour le moment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Et parlez-moi donc de ce jeune journaliste…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ah, ce de Belfort est un drôle de numéro, un jeune excité qui recherche les nouvelles sensationnelles, je crois que nous l’aurons dans les pattes, puisqu’il s’est juré de retrouver Élena coûte que coûte. La découverte du corps calciné de l’automate semble l’avoir particulièrement perturbé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Nous l’avons calmé, et lui avons expliqué l’histoire de la disparition, comment elle avait été enlevé. Nous lui avons demandé de ne rien révéler de tout ça dans son journal, qu’en parler ne ferait que réduire les chances de retrouver la fille du maire. Il a consenti de nous aider. Sa détermination est touchante, mon cher Diantre. Il est persuadé que le Sombre Inconnu est derrière toute cette histoire, et nous a assuré qu’il n’hésiterait pas à le capturer pour le démasquer et le faire parler. Il s’est même juré de le tuer, si la situation devait se présenter!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Ah, son esprit de vengeance est exacerbé, et cela ne m’étonnerait pas qu’il soit entiché d’Élena… Il nous a parlé de sa première et unique rencontre avec la fille du maire, lors d’une cérémonie officielle à laquelle il a assisté pour le journal. Ses yeux brillaient d’une lueur adolescente chargée de passion…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Et vous, mon cher Lerou, demanda enfin Diantre d’un air malicieux, êtes-vous entiché d’une belle personne par les temps qui courent?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Commissaire rougit, prit une gorgée d’absinthe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mon devoir à la Préfecture prévaut sur ces considérations, et comme des vies sont en danger, je…enfin, vous comprenez, mon cher ami…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ah! Mon cher, votre aveuglement est désarmant; il semble que votre charme fasse effet auprès d’une demoiselle très proche de vous, mais personne ne vous a mis la puce à l’oreille!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mademoiselle Puce?, demanda le Commissaire, surpris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Louis-Henri Diantre aimait bien se moquer de son ami qui, pour un inspecteur de la Préfecture de police, semblait totalement dépourvu de perspicacité quant à certains aspects de la vie sociale et mondaine. Diantre retrouva son sérieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Quant à moi, j’ai épuisé toutes les stratégies, avec votre charmante secrétaire. Plus je la courtise, plus elle m’ignore, et cela ne me la rend qu’encore plus désirable. Mais où est-elle, d’ailleurs? Ne voulait-elle pas se joindre à nous pour l’apéritif?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mademoiselle Puce rédige mon rapport. Vous comprenez, je fais le travail de déduction, et ma secrétaire fait le travail rédaction.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Bien vous en fasse, mon cher. Je vous remplis votre verre?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Volontiers!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les verres furent remplis, les deux hommes réfléchirent un moment. Diantre parla :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Maintenant, il nous faut un plan, il nous faut retrouver Élena, et je crois que nous détenons des indices qui nous permettrons de trouver une piste. Mais par où commencer?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- La dernière apparition du Sombre Inconnu, m’avez-vous dit, remonte au soir de la découverte de l’automate. J’aimerais que nous puissions lui tendre un piège. Mais où, et comment?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La porte s’ouvrit, révélant Philibert, le serviteur de Louis-Henri Diantre; il tenait une enveloppe à la main. « Monsieur, dit-il, cette missive était à la porte! »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Diantre se leva, prit l’enveloppe et l’ouvrit. « Aurions-nous là un nouvel indice? », demanda-t-il – comme pour lui-même – en regardant le contenu de l’enveloppe. Il en sorti deux roues d’engrenage. Il réexamina le contenu de l’enveloppe : rien d’autre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La première pièce était épaisse, argentée – de l’acier? – ; la seconde roue d’engrenage était fine, cuivrée, brillante et avait un air familier. Diantre ressortit le mouchoir de son veston, étala le contenu sur un buffet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mais oui! La seconde est le même modèle d’engrenage retrouvé dans l’automate-Élena! Mais pourquoi ceci est-il à ma porte? Pourquoi n’y a-t-il aucun message? Et pourquoi cette autre pièce? Philibert, y avait-il quelqu’un à la porte?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Non, monsieur, répondit le majordome. Ni de personne en fuite…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Peut-être que ces pièces constituent le message!, avança Lerou.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Lerou, vous m’impressionez! Quant à cette première pièce, elle ressemble à celles de chez Decamps…Comme les engrenages de mon vélo!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Peut-être y a-t-il encore quelque chose à tirer de Decamps… Peut-être veut-on nous y amener?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Allons-y de ce pas, Commissaire!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mais il est trop tard, le soir est tombé!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- N’empêche, Monsieur Decamps est un travailleur zélé qui peut tenir le fort jusqu’aux petites heures! Allons-y, dis-je!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les deux hommes empruntèrent un fiacre dans les rues mouillées de Capitaleville. La pluie avait donné un chapeau de brouillard à la ville, et les becs de gaz émettaient des lueurs inquiétantes et voilées. Les passants semblaient frigorifiés par l’humidité, et se pressaient de rentrer chez eux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le cocher arrêta la course de ses chevaux devant la porte de l’atelier Roullet-Decamps. Une faible lueur brillait à l’intérieur. Louis-Henri frappa à la porte et, à sa grande surprise, ce fut Vigo qui entrebâilla la porte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le regard animal du bossu sembla stupéfait de voir Diantre; il se composa une contenance et dit tout bas : « Je peux vous aider? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Nous aurions voulu voir Monsieur Decamps…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Pas là! (Il tenta de refermer la porte, mais Lerou la retint. Le bossu jeta un regard nerveux vers l’intérieur.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Alors peut-être pourrez-vous nous aider…, insista Louis-Henri Diantre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Pas là! (Il essaya à nouveau de s’enfermer, mais Diantre inséra son parapluie dans l’embrasure de la porte.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Y a-t-il quelqu’un avec vous?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les yeux de l’étrange créature s’ouvrirent alors, et il poussa un cri :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- AU VOLEUR!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Monsieur nous ne sommes pas des voleurs, mais plutôt…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le bossu ouvrit brusquement la porte, en sortit, et pointa à sa droite, vers la rue, une forme noire qui s’éloignait de vers une ruelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Le Sombre Inconnu!, s’écria Lerou. Il était là, chez Decamps!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais la forme noire ressortit aussitôt de la ruelle où elle avait pénétrée. Sur une bicyclette.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- C’est à moi!, s’exclama Diantre. Je reconnaîtrais cette monture entre mille!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il sauta dans le fiacre et lança au cocher :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Suivez ce vélocipède!&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/775707459961959744-3188166280346321586?l=etrangecas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://etrangecas.blogspot.com/feeds/3188166280346321586/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=775707459961959744&amp;postID=3188166280346321586' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/775707459961959744/posts/default/3188166280346321586'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/775707459961959744/posts/default/3188166280346321586'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://etrangecas.blogspot.com/2009/05/chapitre-6.html' title='Chapitre 6'/><author><name>L'Étrange cas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18356542608678781040</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_nHFS1s114bE/SFbNJcFgUPI/AAAAAAAAAAM/_gF7zmrjWbk/S220/parisenne_streen2853.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-775707459961959744.post-8878788943026445552</id><published>2009-05-08T14:25:00.004-04:00</published><updated>2009-05-08T14:35:07.788-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Vigo'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Roullet-Decamp'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Louis-Henri Diantre'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Luisant'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Monsieur Decamp'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Lecourrier'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Thomas de Belfort'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Lerou'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='automates'/><title type='text'>Chapitre 5</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Où l’on traite d’horlogerie&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’édifice ne payait pas de mine. Modeste, la devanture était ornée d’une affiche en bois portant le nom de Roullet-Decamps. Louis-Henri Diantre ouvrit la porte et pénétra dans la boutique du fabriquant d’automates.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Diantre fut accueillit par un grand « Ouh! ». Devant lui, un hibou le fixait de ses grands yeux vitreux. Il passa outre l’oiseau – un automate, bien entendu –, et se dirigea directement au fond de la pièce; il ouvrit les doubles battants, pour y découvrir l’atelier de Monsieur Decamps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Monsieur Diantre, résonna une voix rugueuse. Je n’ai pas tout à fait terminé vos pignons! Je suis très occupé… »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Monsieur Decamps était un homme petit, costaud. Sa barbiche et ses cheveux blancs dénotaient un âge avancé, mais son corps laissait paraître une force physique encore vigoureuse. Son front était orné d’une sorte de lunette dotée de nombreuses loupes, qu’il pouvait basculer sur ses yeux selon les nécessités de son ouvrage. Cette curieuse couronne lui donnait l’air d’un insecte métallique dotée d’une quantité innombrable d’yeux asymétriques, ou alors d’un roi fou ne sachant que faire de tous ses diadèmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Je ne suis pas venu chercher mes pièces, très cher monsieur, répondit Diantre. D’ailleurs, mon prototype de vélocipède a été volé, ajouta-t-il plus bas. Je ne pourrai donc pas tester le nouveau modèle de pignon que nous avons conçu, hélas!... du moins, pas à court terme. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- J’en suis fort désolé, Monsieur Diantre. Quel individu mal intentionné voudrait voler votre bicycle? Cela dépasse l’entendement…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Et pourtant… (Diantre changea le cours de la conversation d’un mouvement de la main). J’aimerais plutôt vous poser quelques questions en lien avec une enquête de la Préfecture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Vous êtes dans la police, maintenant?, s’étonna Decamps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- C’est-à-dire… On a réquisitionné mon immense talent de déduction pour une affaire délicate, et je…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Haha!, interrompit une voix nasillarde et mécanique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les deux hommes se tournèrent vers un coin de l’atelier, où un bossu travaillait dans l’ombre sur ce qui ressemblait à un petit squelette de singe. Apparemment, l’infirme vérifiait le fonctionnement d’un système à air imitant une voix d’animal – le même système qui avait accueilli Diantre sous la forme d’un hibou.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Pardon, messieurs, chuchota le bossu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Venez dans mon bureau, monsieur Diantre, dit simplement Decamps. C’est mon nouvel employé, Vigo, il travaille sur un nouveau modèle de singe automate. (Il baissa la voix tandis que les deux hommes traversaient l’atelier.) Il est analphabète et un peu… – comment dire? – rustre, mais il est d’une habileté sans pareil!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vigo était un homme trapu, petit, quasi microcéphale, dotée d’une bosse dorsale qui s’élevait presque à la même hauteur que le sommet de son crâne chauve et pointu. Ses petits yeux porcins, aux paupières tombantes, lui donnait l’air d’un animal abruti. Sa large bouche laissait deviner des dents gâtées. Son nez était minuscule, lui donnant un visage plat, comme si des coups de poing asséné au fil des temps le lui avaient aplati, comme la marée ronge les berges. Cette créature repoussante était vêtue d’un pantalon brunâtre, d’une chemise blanche maculée de taches, et de bretelles noires. Son regard en coin vers les deux hommes contribuait encore plus à le rendre inquiétant. On aurait juré un ogre mangeur d’enfants…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils entrèrent dans le bureau. Diantre pris place dans un fauteuil, aux côtés d’un homme en chapeau haute forme. Decamps s’installa derrière un grand bureau en bois massif.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ne faites pas attention à Georges, fit le fabriquant d’automate en montrant l’homme au chapeau. Je ne savais où le mettre, je l’ai installé dans mon bureau en attendant que mon client vienne le chercher!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- De quel client s’agit-il?, demanda Louis-Henri Diantre, qui trouva Georges très réussi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je ne peux vous le dire, malheureusement. Mais quel était donc l’objet de votre visite, une enquête?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le dandy réfléchit un moment à ce que Monsieur Decamps venait de dire. Puis :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- J’aurais voulu savoir si un client vous a récemment commandé une jeune femme… j’entends par là, un automate de jeune femme…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Monsieur Diantre, commença Decamps, j’ai beaucoup de clients, et la plupart de mes clients demande la plus grande discrétion. Je ne peux donc vous révéler qui commanda quoi. De plus, certains clients ne se procurent que les squelettes – j’ai de nombreux clients bricoleurs, tout comme vous, d’ailleurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Diantre sortit un mouchoir de sa poche. Il déposa le morceau de tissu sur le bureau et le déplia, découvrant quelques pièces d’engrenage. Monsieur Decamps s’approcha pour mieux examiner, et demanda finalement : « D’où viennent ces pièces? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Eh bien, je croyais qu’elles provenaient de chez vous!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Absolument pas. Et elles ne sont pas de chez Théroude, ni de l’atelier Vichy, je peux vous l’assurer. Quiconque à construit ces pièces possède une expertise fort différente de la mienne, et de celle de mes concurrents. (Decamps tomba sur son siège en soupirant.) Voilà les pièces de quelqu’un qui fabrique des automates d’une façon que je ne connais pas! D’où viennent-elles?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- J’espérais que vous le sachiez, Monsieur Decamps. Car je l’ignore!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les deux hommes restèrent silencieux et perplexes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un bruit se fit entendre derrière la porte – comme quelque chose qui tombe par terre et qui rebondit brièvement. Decamps se leva, fit le tour du bureau et ouvrit la porte. Vigo se tenait près de la porte, un balai à la main, l’air étonné.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- J’ai accroché ce moule avec mon balai, pardon Monsieur… chuchota-t-il à la manière d’un serpent. Je le ramasse…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout était suspect dans les gestes du bossu, et les deux hommes comprirent qu’il était sans doute en train d’écouter à la porte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je…, hésita Diantre, eh bien, je vous laisse Monsieur Decamps. Vous avez sans doute mieux à faire que de répondre à mes questions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je vous en prie. Je tâcherai de terminer vos pièces le plus tôt possible. Et n’oubliez pas votre mouchoir!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le chapeau du Docteur Luisant était posé sur la table de chevet d’Élena Lecourrier… ou du moins, de l’amalgame d’engrenage qui en tenait lieu. Intrigué, l’aliéniste avait troqué son immuable sourire, pour un rictus qui exprimait une grande concentration.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lerou et Puce attendaient avec impatience quelque opinion de l’aliéniste phrénologue, penché sur le corps de l’automate. Et peut-être même une explication. À leur arrivée, le maire Lecourrier leur avait narré le stupéfiant récit des événements de la nuit passée. Le Commissaire était encore bouleversé par la tournure des événements. Comment cela était-il possible? Peut-être que Luisant en saurait plus?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le docteur tourna son visage de sphinx vers le commissaire et son assistante. « Je ne sais quoi dire… Je suis un docteur, et non un mécanicien. Je suis tout aussi troublé que vous. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Vous êtes phrénologue, dit Puce, qu’avez-vous à dire sur la forme de tête de cet automate?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Luisant paru hésitant. Des plis se dessinèrent sur son front et sa bouche prit la forme d’une parenthèse. Puis son habituel sourire refit son apparition : « Les dommages sont trop grands pour que je puisse correctement faire une analyse phrénologique, annonça-t-il en s’éloignant du lit, une main dans la poche de son veston noir. Et puis, mon diagnostique serait comme celui d’un docteur en médecine à propos d’une horloge : faussé, car il ne s’agit pas de la même nature des choses! Je suis désolé.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deux voix d’homme se firent entendre dans le salon d’à côté. Le maire Lecourrier tentait de convaincre quelqu’un à voix basse. Le Commissaire alla voir à la porte ouverte de la chambre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Voyez donc, un agent des forces de l’ordre! », prononça presque victorieusement un jeune homme vif à la chevelure brune; puis sur un ton inquisiteur, il s’adressa au maire. « Il se passe quelque chose de très étrange chez vous, et j’aimerais savoir quoi… Est-il arrivé quelque chose à… votre fille?»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces derniers mots furent prononcés avec une lueur dans les yeux, qu’il paru s’empresser de faire disparaître sous le couvert d’un professionnalisme encore vert. Thomas de Belfort était encore inexpérimenté en journalisme, et son attitude frondeuse était entremêlée d’une maladresse candide. Il était parvenu à pénétrer la demeure de Monsieur Lecourrier, et il y cherchait des réponses, sans nécessairement avoir les bonnes questions pour parvenir à ses fins.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Monsieur de Belfort, dit le maire en posant son bras sur les épaules du journaliste, je ne ferai pas de commentaire. Laissez-moi vous reconduire vers la…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le magistrat n’eût pas le temps de terminer sa phrase; la voix du docteur Luisant se fit entendre :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«  Dieu du Ciel! »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous accoururent vers la chambre d’Élena. Dans le lit, un nuage de fumée blanche flottait au dessus du lit. Du corps de l’automate, il ne restait maintenant que des cendres noires…&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/775707459961959744-8878788943026445552?l=etrangecas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://etrangecas.blogspot.com/feeds/8878788943026445552/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=775707459961959744&amp;postID=8878788943026445552' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/775707459961959744/posts/default/8878788943026445552'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/775707459961959744/posts/default/8878788943026445552'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://etrangecas.blogspot.com/2009/05/chapitre-5.html' title='Chapitre 5'/><author><name>L'Étrange cas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18356542608678781040</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_nHFS1s114bE/SFbNJcFgUPI/AAAAAAAAAAM/_gF7zmrjWbk/S220/parisenne_streen2853.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-775707459961959744.post-5114077817174860036</id><published>2009-05-02T07:54:00.002-04:00</published><updated>2009-05-02T07:56:57.697-04:00</updated><title type='text'>Chapitre 4</title><content type='html'>&lt;!--StartFragment--&gt;  &lt;p class="MsoNormal" align="center" style="text-align: justify;line-height: 200%; "&gt;&lt;span lang="FR-CA" style=""&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;Où l’on frappe à la porte du Docteur Luisant&lt;span class="Apple-style-span" style="font-style: normal; font-weight: normal; "&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" align="center" style="text-align: justify;line-height: 200%; "&gt;&lt;span lang="FR-CA" style=""&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-style: normal; font-weight: normal; "&gt;Le journal du matin relata l’escapade nocturne du Sombre Inconnu. Un scribe du journal Le Capital, revenant de l’opéra en pleine nuit, avait aperçu la cape sombre du mystérieux personnage alors qu’il passait en fiacre. Qui plus est, près de la résidence du maire… Sans perdre de temps, Thomas de Bellefort avait ordonné à son cocher de faire un détour par le journal, afin de relater la nouvelle apparition de l’inconnu en noir, et ce, avant même que le journal soit envoyé à l’impression. Le jeune journaliste, un jeune opportuniste en quête de gloriole journalistique, crut avoir réalisé le coup du siècle. Le Sombre Inconnu à la Une, voilà qui ferait certainement avancer sa carrière, et qui sait, lui permettre d’obtenir une promotion!&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:200%"&gt;&lt;span lang="FR-CA" style=""&gt;Car lorsque le Sombre Inconnu apparaissait, il éveillait l’imagination de la populace, et au petit matin, le journal se vendait.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:200%"&gt;Le Commissaire Lerou avait d’ailleurs en mains son exemplaire, qu’il lisait dans le fiacre qui se dirigeait vers la demeure du Docteur Luisant. Mademoiselle Puce somnolait en face de lui.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:200%"&gt;Lerou était dans une forme resplendissante, sa mince moustache fraîchement gominée, les pommettes hautes, le corps droit; il venait d’engloutir son œuf brouillé quotidien et son café au lait, agrémenté d’un croissant et de confiture de framboises, et il se sentait d’attaque. Mademoiselle Puce était perdue dans ses rêveries, serrant contre sa poitrine son petit livre de notes à la couverture noire, sa tête balançant de gauche à droite au rythme des chaos.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:200%"&gt;La route était mauvaise depuis que le fiacre était sorti de la ville, et les chevaux peinaient maintenant dans une pente ascendante. L’on approchait du manoir du Docteur Luisant.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:200%"&gt;Situé au sommet d’une colline, le manoir en pierres sombres était accessible par une route bordée de saules. La construction était étroite mais haute, lui conférant une imposante austérité. Deux tours s’élevaient de part et d’autre du bâtiment, et une ogive décorait la devanture au dessus d’une porte double, donnant des airs de cathédrale miniature. L’aspect du manoir était sombre, comme si le feu avait noirci la surface des pierres qui le recouvraient.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:200%"&gt;Les chevaux s’arrêtèrent devant les doubles battants. Lerou et la secrétaire descendirent et frappèrent à la porte. L’un des battants s’ouvrit, lentement, lourdement. Un petit homme chauve avec des lunettes rondes passa le haut de son corps par l’entrebâillement. Il était vêtu d’un sarrau blanc, comme en porte les hommes de science. Son regard traduisait la surprise; manifestement, les visites semblaient se faire rares au manoir. « Docteur Luisant, je présume », fit doucement Lerou. « Oh! », fit simplement l’homme chauve, exprimant une sorte de soulagement. Puis il parut hésitant, jeta un regard vers l’intérieur, puis vers les visiteurs, s’attardant un moment sur Mademoiselle Puce, qui fut troublée par ce regard persistant. Revenant à Lerou, il sembla sortir d’une brève réflexion, puis annonça : « Je vais le prévenir. » Le lourd volet se referma.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:200%"&gt;Le Commissaire et la jeune femme s’échangèrent un regard perplexe. Cet homme n’était manifestement pas le Docteur Luisant. Les mains derrière le dos, Lerou patienta tandis que la secrétaire observait la façade imposante. Puis, la porte se rouvrit. « Monsieur Luisant est là… » Il ouvrit la porte en grand et céda sa place pour faire entrer les deux visiteurs.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:200%"&gt;Le hall d’entrée était vaste et sombre. Des colonnes de bois brun s’érigeaient à droite et à gauche. Il y avait quatre portes de part et d’autre et le plancher en marbre beige était sans éclat. En face de la porte d’entrée, un large escalier s’élevait entre des gardes en bois noir sculpté. Malgré cette matinée ensoleillée, l’intérieur était submergé par les ténèbres, seulement éclairés par des chandeliers accrochés aux colonnes.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:200%"&gt;Tout en haut de l’escalier, un homme habillé de noir se tenait, le visage dissimulé dans la pénombre, droit, silencieux. Quand Lerou et Puce furent au centre du hall, l’homme en noir commença à descendre lentement les marches. L’homme en blanc s’était mystérieusement éclipsé.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:200%"&gt;- Qui me vaut l’honneur de cette visite, je vous prie?, demanda l’homme en noir, d’une voix forte et nasale.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:200%"&gt;- Commissaire René Lerou, de la préfecture de police de Capitaleville.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:200%"&gt;Aux mots « préfecture de police », l’homme en noir marqua une pause, interrompant son mouvement, un pied posé sur une marche. Pendant un bref instant, on aurait pu croire que l’homme remonterait comme il était descendu, lentement, mais à reculons. Il poursuivit toutefois sa descente, impassible, et son visage fut alors visible. Une tête ronde, un sourire fin et large en forme de V obtus, de grands yeux étonnamment bleus et une singulière chevelure blonde et bouclée, rappelant la texture d’une laine dense.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:200%"&gt;L’homme se présenta :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:200%"&gt;- Docteur Luisant, que puis-je pour vous?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:200%"&gt;- Je…, commença Lerou. Je tiens tout d’abord à m’excuser de ma méprise, j’ai cru que vous étiez l’homme en blanc…&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:200%"&gt;- Je vous en prie, monsieur le Commissaire! Ziegler n’est qu’un homme de science taciturne qui n’est pas rompu aux civilités et aux présentations d’usage. Avoir à mon service un vrai majordome, on vous aurait sûrement mieux accueillis, et mieux annoncés. (Il fit un geste de la main, comme pour chasser une mouche.) N’y portez plus attention.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:200%"&gt;Le Docteur Luisant avait enfin atteint le rez-de-chaussée; il était de petite taille, plus petit que Mademoiselle Puce. Il s’approcha et baisa la main de la secrétaire. Sa tête se pencha, boule laineuse où les bouclettes courtes se serraient l’une contre l’autre; on aurait dit une lune recouverte de moquette.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:200%"&gt;- Euh, voici Mademoiselle Puce, ma secrétaire, annonça soudain Lerou, comme s’il se souvenait soudainement de la présence de sa collègue.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:200%"&gt;- Vous êtes absolument ravissante, dit Luisant d’une voix douce à l’adresse de la jeune femme. Et votre tête semble avoir une forme parfaite, si je puis me permettre.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:200%"&gt;- J’avoue que c’est la première fois que l’on me fait remarquer…, commença Puce en rougissant.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:200%"&gt;- Il vous faut savoir que je m’intéresse fortement à la phrénologie, expliqua le docteur, vous comprendrez que je remarque toujours cette sorte de chose chez les gens.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:200%"&gt;- Merci, répondit simplement Puce.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:200%"&gt;Le docteur gardait le même sourire sibyllin sur son visage, il semblait perpétuellement figé dans ce rictus un peu troublant.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:200%"&gt;- Nous voulions vous parler de Mademoiselle Élena Lecourrier, l’une de vos patientes.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:200%"&gt;&lt;span lang="FR-CA" style=""&gt;- Ah oui, cette pauvre Élena! (Il perdit un moment son sourire, sa bouche devenant alors une ligne droite, mais elle reprit aussitôt sa forme, comme si des fils invisibles tiraient en permanence les coins de ses lèvres.) La fille du maire souffre de somnambulisme depuis un certain temps, et j’ai offert mes services à M. Lecourrier, car voyez-vous, les troubles du sommeil m’intéressent énormément, ainsi que l’hypnotisme, les troubles mentaux de toutes sortes – non que Mademoiselle Lecourrier soit atteinte de &lt;i&gt;troubles&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR-CA" style=""&gt; en soi… disons seulement qu’elle est… incommodée par ce petit inconvénient qu’est le somnambulisme.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:200%"&gt;Mademoiselle Puce ouvrit le petit livre noir qui lui servait de calepin, retrouva une page, et demanda :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:200%"&gt;- Pouvez-vous nous dire si Mademoiselle Lecourrier souffrait toujours de somnambulisme à son retour… c’est-à-dire, après son enlèvement?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:200%"&gt;- Vous avez là une secrétaire bien à son affaire, Commissaire! (Il se tourna vers Puce, qui prenait des notes.) Comme vous, je suis bien perplexe devant cette affaire de disparition et de réapparition. Je me félicite d’ailleurs de vivre ici, en retrait de la ville, car nul n’est en sécurité à Capitaleville de nos jours… sauf votre respect, Monsieur le Commissaire. Ces enlèvements de jeunes filles, ce mystérieux inconnu sur les toits de la ville… je lis le journal et mes cheveux se dressent sur la tête – ce qui est un exploit en soi, comme vous pouvez le constater (il mit sa main sur sa chevelure dense)! Même cette maison austère où nous nous trouvons en ce moment me paraît plus accueillante et sécuritaire que n’importe quelle demeure cossue de la ville.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:200%"&gt;«  Mais revenons-en à Élena, oui, Élena… J’ai cru comprendre que depuis son retour, son trouble somnambulique ait été guéri. Je m’en réjouis. Par contre, vous comprendrez que je ne me réjouis point de son état catatonique, la pauvre enfant! Que lui est-il arrivé, je l’ignore. Son cas m’intéresse au plus haut point, pour des raisons scientifique, vous comprendrez bien, mais aussi parce que cette enfant est très chère à mon cœur.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:200%"&gt;- Si elle est si chère à votre cœur, demanda Puce, pourquoi ne pas l’avoir visitée depuis son retour? Monsieur Lecourrier nous a dit que vous n’étiez pas revenu depuis…&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:200%"&gt;Il y eut un bref silence. Le sourire du Docteur Luisant s’étira un peu plus.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:200%"&gt;- Je ne manquerai pas de réparer ma faute – si faute il y a – aussitôt que possible. J’ai été très occupé ses derniers temps, avec le Professeur Ziegler en visite ici, notamment. (Il s’arrêta un moment de parler, comme s’il réfléchissait. Il reprit son discours.) En fait, je crois que je vais aller en ville avec vous! Allons-y, maintenant!&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:200%"&gt;De chaque main, il retourna Lerou et Puce vers la porte, comme s’il les chassait, mais se faisant il lança : « Laissez-moi seulement trouver mon chapeau, et en voiture! » &lt;/p&gt;  &lt;!--EndFragment--&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/775707459961959744-5114077817174860036?l=etrangecas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://etrangecas.blogspot.com/feeds/5114077817174860036/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=775707459961959744&amp;postID=5114077817174860036' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/775707459961959744/posts/default/5114077817174860036'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/775707459961959744/posts/default/5114077817174860036'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://etrangecas.blogspot.com/2009/05/chapitre-4.html' title='Chapitre 4'/><author><name>L'Étrange cas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18356542608678781040</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_nHFS1s114bE/SFbNJcFgUPI/AAAAAAAAAAM/_gF7zmrjWbk/S220/parisenne_streen2853.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-775707459961959744.post-8424147653335105645</id><published>2009-04-24T06:07:00.007-04:00</published><updated>2009-04-27T11:00:10.048-04:00</updated><title type='text'>Chapitre 3</title><content type='html'>&lt;p class="MsoNormal" style="LINE-HEIGHT: 200%; TEXT-ALIGN: justify" align="center"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="FONT-WEIGHT: bold; FONT-STYLE: italic"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify" align="center"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="FONT-STYLE: italic"&gt;Où l’on discute dans la nuit&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="FONT-WEIGHT: normal"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="FONT-STYLE: normal"&gt;Quand Hector Lecourrier, maire de Capitaleville, revint à lui, la première chose qu’il vit fut Monsieur Louis-Henri Diantre, le dandy inventeur et aventurier intrépide, qui le fixait du regard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Vous…, cracha-t-il rageusement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Monsieur le Maire, j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle concernant votre fille Élena.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le premier citoyen de Capitaleville pris quelques instants avant de retrouver tous ses esprits, se remémorant les derniers instants de lucidité qu’il avait vécu. Il se souvenait du petit réduit adjacent à la chambre de sa fille, celui où il s’était installé pour surveiller ce Diantre à travers un œil de bœuf donnant sur la chambre, et qui était habilement dissimulé dans une nature morte qui ornait le mur opposé. Il se souvenait de l’homme qui, dans la pénombre, s’était levé pour s’approcher du lit de sa fille, sans doute avec de viles intentions. Il se souvenait d’avoir armé le pistolet, pris la lampe à huile, être sorti du réduit, et avoir ouvert la porte de chambre d’un grand coup de pied. Il avait surpris le dandy, la tête dans les rideaux du lit, Dieu sait dans quel but sordide… Puis Diantre avait fait un mouvement vers l’avant, sans doute pour l’attaquer, et le coup était parti dans un sursaut. Et alors… Alors…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Élena!, s’écria soudain le Maire, en sortant de sa torpeur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je vous en pris, restez calme!, proclama Diantre. Je vais vous expliquer… Votre fille qui était là, n’était pas là, mais elle n’est jamais revenue. Ce qui veut donc dire qu’elle est ailleurs, mais où?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mais m’expliquerez-vous enfin ce que signifie ce charabia? Qu’est-il arrivé à ma fille?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Louis-Henri pris place à côté du maire, qui était étendu sur un divan dans le salon où il les avait reçus plus tôt.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Calmez-vous donc, monsieur. Asseyez-vous, buvez ce verre de brandy (le maire l’avala aussitôt d’une traite), et écoutez-moi bien sans dire un mot.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« En veillant votre fille, le silence nocturne m’a permis de déceler un son qui ne nous avait pas frappé outre mesure lors de notre rencontre avec le Commissaire. Il semble que les examens médicaux subits par Élena n’aient pas révélé cet étrange cliquetis qui provenait de sa poitrine. Vous m’avez bien entendu! Ce n’est pas une invention de mon esprit dépourvu de sommeil, il y avait bel et bien un bruit d’horlogerie provenant de son sein. M’approchant, j’ai voulu constater par moi-même, avant d’être interrompu par votre attaque sauvage sur ma personne…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Votre coup de feu, s’il ne m’a pas atteint comme vous l’aviez sans doute désiré, a pourtant atteint votre fille…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Et c’est là qu’il y a une bonne et une mauvaise nouvelle : la mauvaise, c’est que votre fille n’est pas là, et la bonne, c’est qu’en réalité, elle n’a jamais été là! Venez plutôt voir, si vous êtes en état de vous lever…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’inventeur aida Lecourrier à se lever, puis à marcher vers le lit. Ils s’approchèrent lentement, les pas du magistrat étaient lourds, son avancée pénible. Puis, les deux hommes rendus au lit, Diantre écarta brusquement le rideau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce que vit le maire le laissa stupéfait. La balle du pistolet avait fait un large trou dans la tête de la jeune fille, mais au lieu de sang et de chair, l’on pouvait voir des pièces de métal. Le trou, de la grandeur d’un biscuit, laissant entrevoir des engrenages semblables à ceux que l’on trouve dans les horloges.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="FONT-WEIGHT: normal"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="FONT-STYLE: normal"&gt;&lt;br /&gt;Monsieur Lecourrier comprit aussitôt ce que Diantre avec découvert : Élena n’était pas tout à fait revenue, mais avait été remplacée par une réplique mécanisée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Voilà, Monsieur ce que nous appelons, dans le langage scientifique, un « automate ». Une création artificielle à l’image de l’être humain fabriqué de toute pièce. Ce spécimen était d’ailleurs très réussi…Vous voyez, le mécanisme d’horlogerie permettait à l’automate ce mouvement de respiration qui a dû berner votre médecin. Un mécanisme très simple, qui assurait un rythme constant, et qui alimentait l’illusion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Celui-ci n’était pas le plus sophistiqué des modèles, croyez-moi. Certains peuvent exécuter des mouvements plus complexes, plus élaborés…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais le maire de Capitaleville n’écoutait plus. Son regard vide, se mua en questionnement :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Cela veut donc dire qu’Élena…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Oui, sans doute. Je m’engage personnellement à la retrouver, Monsieur Lecourrier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lecourrier s’approcha du corps de l’automate, examinant le trou béant, d’abord avec dégoût, puis par curiosité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Expliquez-moi comment cela peut être possible, Monsieur Diantre. Un automate, je veux bien, mais dont le visage ressemble en tout point à celui de ma propre fille, comment l’expliquer?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- S’il a été fait, disons, à l’atelier Roullet-Decamps, il y a sûrement moyen de savoir qui a pu le faire fabriquer. Une visite s’impose chez le fabricant d’automates, mon cher monsieur. J’en profiterai d’ailleurs pour y faire une commande de pièces. C’est que je travaille sur un nouveau système d’engrenage de vélocipède…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le maire éploré l’interrompit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Surtout, garder tout cela extrêmement confidentiel, Monsieur Diantre. Il y a déjà bien assez de commotion autour de ces histoires, s’il fallait que l’on sache que j’aurais pu assassiner ma propre fille, ne serait-ce que par inadvertance…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Monsieur, tout ceci est un peu de ma faute, expliqua Louis-Henri. Mais comme vous le voyez, cet incident m’a permis de résoudre une partie de l’énigme. Comme vous le voyez, ma force de déduction a été mise au défi, et j’ai triomphé!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À ces mots, un coup se fit entendre à la fenêtre. Bondissant vers elle, Louis-Henri Diantre écarta le rideau et déverrouilla le loquet pour voir à l’extérieur. Rien à l’horizon. « Évidemment, se dit-il, nous sommes au deuxième étage. » Rien en bas non plus. Il sortit la tête et regarda vers la gauche – rien – puis vers la droite, et là : une silhouette noire accroupie sur le bord du toit d’un édifice voisin. La silhouette se lève alors, et se retourne brusquement, faisant tournoyant sa cape contre la lueur de la lune, avant de disparaître dans les ténèbres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Le Sombre Inconnu!, chuchota-t-il au maire qui l’avait rejoint. Il écoutait à la fenêtre! Et je crains qu’il sache tout!»&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;!--EndFragment--&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;!--EndFragment--&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/775707459961959744-8424147653335105645?l=etrangecas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://etrangecas.blogspot.com/feeds/8424147653335105645/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=775707459961959744&amp;postID=8424147653335105645' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/775707459961959744/posts/default/8424147653335105645'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/775707459961959744/posts/default/8424147653335105645'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://etrangecas.blogspot.com/2009/04/chapitre-3.html' title='Chapitre 3'/><author><name>L'Étrange cas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18356542608678781040</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_nHFS1s114bE/SFbNJcFgUPI/AAAAAAAAAAM/_gF7zmrjWbk/S220/parisenne_streen2853.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-775707459961959744.post-2987075065945765118</id><published>2009-04-17T09:43:00.002-04:00</published><updated>2009-08-31T09:47:31.167-04:00</updated><title type='text'>Chapitre 2</title><content type='html'>&lt;strong&gt;Où Élena ne souffle mot&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les rues sèches de la ville résonnaient de quelques claquements de sabots éparts dans l’air nocturne troublé par le brouillard. Ces échos donnaient au soir une aura de mystère, tels des fantômes cognant aux portes du sommeil. Malgré cette ambiance inquiétante, M. Lecourrier accueillit les trois personnages avec empressement, toutefois teinté d’inquiétude.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est que depuis l’enlèvement de sa fille Élena, M. Lecourrier était perpétuellement soucieux. Certes il était heureux que sa fille soit en vie, et qu’elle soit revenue sous son toit. Mais dans quel état…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lecourrier fit entrer le Commissaire Lerou, sa secrétaire Mademoiselle Puce, et cet excentrique dandy de la rue de Vautreuil qu’il n’avait pas en très grande estime.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Nous venons voir votre fille, Monsieur le Maire, annonça Lerou.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Soyez béni, Monsieur le Commissaire. Auriez-vous de nouveaux développements dans votre enquête?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Eh bien, j’ai cru bon consulter mon bon ami Louis-Henri Diantre, ici présent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il fit un mouvement de la main pour présenter son compagnon. Le magistrat et l’héritier échangèrent une poignée de mains. M. Lecourrier était un petit homme corpulent, engoncé dans un habit beige. Son crâne chauve et sa couronne de cheveu blanc lui donnait un air de sévérité atténué par une face porcine et de petites lunettes rectangulaires. Son air défait ne le quittait plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Monsieur Diantre, expliqua le Commissaire, a une curiosité naturelle pour les mystères de tout acabit, et une faculté d’élucidation qui n’a pas son pareil. (Mademoiselle Puce sourit moqueusement à ses mots. Elle tâcha de reprendre son sérieux aussitôt.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Eh bien, pourquoi donc n’est-il pas employé par les forces de l’ordre, voulez-vous m’expliquer?, demanda le Maire d’un air suspicieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Monsieur le Maire, expliqua Diantre, je n’ai point besoin de travailler pour gagner ma vie. C’est que mon vieil oncle Théodore, celui-là même qui a pourvu à mon éducation, était fortuné. À sa mort, sa fortune fut mienne. Je me permets donc d’occuper mon temps à faire avancer la science, tel un Thomas Edison – sans le génie bien entendu. Les affaires policières me divertissent, voilà tout. Et je crois pouvoir offrir une perspective différente sur quelque énigme que ce soit, justement parce que ça m’amuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lecourrier s’indigna :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Il n’y a rien d’amusant à voir sa fille fixer le vide à cœur de journée, Monsieur Diantre!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Et j’en suis fort désolé Monsieur le Maire… Montrez-nous plutôt de quoi il en retourne!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Suivez-moi!, dit Lecourrier en soupirant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le magistrat leur fit signe de le suivre. Ils marchèrent vers une porte, qu’il ouvrit. Elle donnait sur une grande chambre aux murs dorés. Des draperies blanches aux fenêtres fermées pendaient lourdement comme des spectres immobiles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans un lit à baldaquin entouré de rideaux blancs, une jeune fille était couchée. Sa chevelure blonde et bouclée, ainsi que sa peau blanche, lui donnaient des airs angéliques. Élena était d’une beauté époustouflante. Sa jeune poitrine était soulevée par sa respiration, lente et saccadée. Mais ce qui troubla aussitôt Diantre, le Commissaire et la secrétaire, c’est le regard de la jeune fille. Elle était parfaitement inconsciente, immobile, mais ses yeux étaient ouverts!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Diantre passa sa main devant le visage sans expression d’Élena, fit quelques mouvements de mains brusques afin de la faire sursauter, et lui pinça une joue afin de provoquer une quelconque réaction. Rien. Elle restait parfaitement inerte, et son regard vide était toujours fixé vers le plafond de son lit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Elle ne cligne pas des yeux, et ne semble pas nous voir, remarqua Mademoiselle Puce.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Sa peau est froide et sa respiration curieuse, ajouta Diantre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Prenez des notes, Mademoiselle!, chuchota le Commissaire à l’adresse de sa secrétaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais Puce avait déjà tout consigné dans son petit livre noir. Diantre se tourna vers le maire de Capitaleville.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Votre fille est d’une beauté exquise, Monsieur. Je suis attristé de devoir faire sa connaissance dans des circonstances aussi désolantes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Et pourtant… (Lecourrier émit à nouveau un profond soupir.) Sa beauté ne m’émeut plus comme avant. Elle a perdu… quelque chose. J’ignore quoi, mais elle ne possède plus sa grâce d’antan!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Diantre s’approcha de la fenêtre, l’examina un moment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Comment fut-elle enlevée?, demanda-t-il soudainement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- C’est un mystère total, répondit Lerou. Rien d’anormal n’a été constaté, et même cette fenêtre est restée tout à fait avare d’indice. Personne ne semble être passé par là, et rien ne laisse croire qu’elle ait pu être ouverte!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Lors de notre premier rapport, ajouta Mademoiselle Puce, Monsieur le Maire nous a fait remarquer que les volets étaient restés verrouillés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- J’allais le dire, interrompit Lerou. Aucune trace. Nous nageons dans le noir, si je puis dire. C’est comme si elle était sortie par elle-même, puis était revenue par cette même porte où nous sommes entrés!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Tiens, tiens… Aurait-elle été somnambule?, demanda Diantre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Voilà l’hypothèse la plus probable, répondit Puce.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- En effet, compléta Lerou, je crois même qu’elle consultait un médecin pour traiter ce trouble, n’est-ce pas Monsieur le Maire?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lecourrier sembla s’éveiller d’une rêverie :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Oui, tout à fait, le Docteur Luisant, un aliéniste réputé. Brillant homme – adepte de phrénologie en dilettante – qui m’avait pourtant assuré que les troubles de somnambulisme de ma fille n’étaient que des broutilles. Son dévouement et sa présence furent d’ailleurs très appréciés, ce qui nous a certes rassurés sur l’état de notre pauvre Élena. Un homme bien travaillant, ce docteur…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son regard se tourna vers Diantre, qui sentit une pointe de reproche. Il feignit d’ignorer le commentaire et contrattaqua par une autre question :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- A-t-on vérifié si Élena était toujours somnambule?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Luisant étant fort prit par son travail, il n’a pu revenir vérifier depuis l’enquête, répondit le père éploré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Diantre mis ses mains ensemble, dans un grand claquement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Lerou, vous irez demain, première heure, interroger ce brave Docteur Luisant. Après déjeuner bien entendu. Allez prendre du repos. Faites de même, Mademoiselle Puce, mais je ne suis pas là pour vous donner des ordres, le Commissaire est là pour ça. Quant à moi…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il s’approcha du maire :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je veillerai Élena!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Quoi? Quelle est donc cette mauvaise plaisanterie?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Monsieur le Maire, il n’y a qu’une façon de savoir si votre fille est toujours somnambule, et c’est de veiller à son chevet le temps d’une nuit. Et puis, j’ai besoin de me mettre dans un état d’esprit qui me permettra de résoudre cette énigme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Maire Lecourrier ouvrit de grands yeux indignés. Son regard se tourna vers le Commissaire, qui hocha de la tête en signe d’approbation. Le magistrat n’avait aucunement confiance en Diantre. Mais le signe de Lerou lui fit changer d’avis, à contrecœur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ne vous avisez pas d’approcher ma douce, ma pure, mon innocente Élena, monsieur Diantre, ou je…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ne vous inquiétez pas, Monsieur le Maire, interrompit Diantre, je m’installerai dans ce confortable fauteuil (il posa les mains sur le dossier d’un siège en velours rouge), et je resterai dans la pénombre à réfléchir sur cette sombre affaire. Si votre fille venait à se lever, je la suivrai, assurerai sa sécurité, noterai tout ce qui pourra sembler anormal, et ferai un rapport complet au Commissaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Et si rien ne se passe, dit Lerou, vous en profiterez pour dormir!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mon cher Lerou, vous n’êtes pas sans ignorer que je ne dors pratiquement pas. Peut-être de deux à quatre heures par nuit, sans plus. À quoi bon dormir quand le monde est en pleine évolution! Un nouveau siècle frappe à notre porte et je ne veux rien manquer!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le maire poussa un soupir de résignation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Soit, je n’aime pas l’idée qu’un inconnu insomniaque passe la nuit dans la chambre de ma fille, et je n’ose imaginer ce que Madame ma femme en aurait pensé – Dieu la bénisse. (Il leva les yeux au ciel en prononçant ces mots.) Mais ce mystère m’attriste tant que je suis prêt à vous laisser procéder. Cependant, gare à vous…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lerou claqua ses talons l’un contre l’autre, et posa son chapeau sur sa tête, d’un geste emprunté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Eh bien, voilà, nous vous laissons à vos moutons, Monsieur Diantre. Tâchez de ne pas compter ces moutons, ils risquent de vous emporter dans ce sommeil que vous redoutez tant!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- N’ayez crainte, mon bon commissaire. Mademoiselle Puce… (il lui fit un baisemain), au plaisir de vous revoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous quittèrent la chambre, Lecourrier en dernier, jetant un dernier regard suspicieux à l’homme qui s’apprêtait à veiller la malheureuse catatonique. Les portes se refermèrent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Diantre alla éteindre les chandeliers, puis s’installa confortablement dans le fauteuil. Dans la pénombre, il entendit encore quelques pas de sabots provenant de la rue, et quelques bruits en provenance d’autres pièces. Le maire, les pas des serviteurs… On se préparait pour la nuit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis l’esprit de Diantre vagabonda, et il pensa à cette affaire. Nul n’était entré, ni par la fenêtre, ni par la porte. On avait enlevé Élena, mais elle était revenue. Qu’y avait-il de criminel dans cette histoire? Ah, elle n’était plus dans un état normal… Et Lerou qui était désigné pour cette enquête, voilà qui prouvait bien que les autorités n’accordaient que peu d’importance à cette affaire. Pauvre Lerou, se rendait-il seulement compte qu’on lui laissait les miettes d’une affaire beaucoup plus importante? Cette assignation, selon Diantre, n’avait sans doute été attribuée au Commissaire que pour rassurer le Premier magistrat de Capitaleville. Quant à toutes ses jeunes filles disparues, et qui ne sont pas revenues, quelle était la clé de cette énigme?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une heure, puis deux heures passèrent. Le silence s’était approfondi. Les sens de Diantre, soudainement allumés par l’absence de lumière et de bruits, étaient maintenant en éveil. Il apprécia la pureté de ce silence. Pourtant, ce silence était presque troublé. Imperceptiblement, un son avait fait son lit sous les draps de la quiétude nocturne. Un faible cliquetis mécanique, semblable à une horlogerie, et qui provenait du lit d’Élena.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous les sens en éveil, Louis-Henri Diantre se leva lentement, cherchant l’origine précise du cliquettement. Il s’approcha doucement, à pas de loup, vers la jeune fille. Le silence fut brisé par le craquement d’une planche sous son pied, mais tout son être était concentré sur le son mécanique. Diantre s’approcha. Le cliquetis d’horloge provenait d’Élena elle-même!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Diantre écarta le rideau et approcha sa tête de la poitrine de la jeune fille, d’où semblait provenir le son, mais son mouvement fut interrompu par une soudaine lumière et le claquement d’une porte qu’on ouvre brusquement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’était le Maire Lecourrier, dans l’embrasure de la porte, une lampe à huile dans une main, un pistolet dans l’autre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ne bougez plus, perfide!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Monsieur Lecourrier, laissez-moi vous expliquer!, lança Diantre en tentant de faire un pas en avant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Faisant ce geste, il trébucha maladroitement, son pied glissant sur le rideau du lit dont l’extrémité reposait par terre. Cette chute surprit Lecourrier, qui crut à une attaque; sous l’effet de l’émoi et de la nervosité, le magistrat fit feu vers celui qu’il considérait toujours comme un intrus. Mais dans la pénombre, le coup épargna Diantre, qui était de toute manière étendu de tout son long au pied du lit, les pieds empêtrés dans le rideau, les draps ou peut-être même le tapis. Un bruit d’éclat inexplicable suivit cependant le coup de feu, et les deux hommes, malgré l’affrontement, en furent intrigués.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Louis-Henri Diantre se releva, puis regarda avec précipitation à travers les rideaux qui entouraient le lit, et il s’exclama avec horreur: « Bonté divine! »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces seuls mots suffirent pour que le Maire Lecourrier perde connaissance, et tombe sur le sol comme un arbre que l’on abat.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/775707459961959744-2987075065945765118?l=etrangecas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://etrangecas.blogspot.com/feeds/2987075065945765118/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=775707459961959744&amp;postID=2987075065945765118' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/775707459961959744/posts/default/2987075065945765118'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/775707459961959744/posts/default/2987075065945765118'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://etrangecas.blogspot.com/2009/04/chapitre-2.html' title='Chapitre 2'/><author><name>L'Étrange cas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18356542608678781040</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_nHFS1s114bE/SFbNJcFgUPI/AAAAAAAAAAM/_gF7zmrjWbk/S220/parisenne_streen2853.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-775707459961959744.post-8380904196275165996</id><published>2009-04-07T09:00:00.000-04:00</published><updated>2009-04-07T09:01:26.013-04:00</updated><title type='text'>Chapitre 1</title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Où tout commence par un vélo volé&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Capitaleville s’étendait comme une vaste araignée endormie. Construite autour d’un grand monument, la porte de la Victoire, les rues s’étiraient à partir de ce point et formaient une étoile où avançaient les fiacres comme des fourmis sur une feuille nervurée. Les cochers, têtes enfoncées dans leurs collets hauts, claquaient de la langue dans l'air du soir, tandis que les becs de gaz commençaient à former une constellation d'étoiles calquée sur le dessin des rues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur la rue de Vautreuil, dans un vaste appartement cossu, trois figures devisaient dans le somptueux salon de l’homme au costume marron.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Tel que je vous le dis, Monsieur le Commissaire, on m’a volé mon vélo!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Monsieur Louis-Henri Diantre prononça ces mots sur un ton de tragédien. Assis dans un confortable fauteuil Voltaire, sirotant un verre d’absinthe, Monsieur Diantre était un riche héritier, inventeur à ses heures, qui aimait bien relever les conversations à l’aide de petites bombes rhétoriques du plus surprenant effet. Il attendait les réactions de l’homme et de la demoiselle qui se tenaient devant lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Hé bien, Monsieur Diantre, répondit l’homme de loi, peu m’en chaud.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’homme en question, le « Commissaire », remonta ses lunettes, petites et rondes, et réajusta du bout de l’index sa chevelure châtaine soigneusement gominée. Il était vêtu d’un veston noir à six boutons, tenait d’une main sa canne et son chapeau rond, et transpirait la rectitude. La demoiselle à ses côtés portait une chevelure brune et frisée remontée en chignon, et portait une robe élégante empreinte de sobriété. Elle avait le teint rosé, de grands yeux bleus, les pommettes hautes et le nez droit et fin. Elle tenait un crayon et un petit calepin de note qui ne se sont pas touchés depuis le début de la rencontre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Commissaire Lerou, vous me décevez, dit Monsieur Diantre. Vous n’êtes pas sans savoir que ce vélocipède m’est très cher et qu’il est assez unique en son genre!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Oui, bien sûr, Monsieur Diantre, acquiesça le Commissaire Lerou. Est-ce donc pour cette seule raison que vous nous avez fait venir aujourd’hui? Il y a quelques semaines, vous nous avez entretenus en grand détail, à Mademoiselle Puce ici présente et à moi-même, des qualités de fabrication particulières de cette machine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; - Que j’ai moi-même construite, ajouta Monsieur Diantre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; - Nous ne nions pas les qualités et la valeur dudit engin, intervint Mademoiselle Puce. Seulement, nous sommes très occupés ailleurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- C’est-à-dire, rectifia Lerou avec un agacement qu’il s’empressa de dissimuler, je suis très occupé ailleurs, comme le laisse entendre ici mon aimable secrétaire. En effet, une enquête du plus grand sérieux m’occupe, Monsieur Diantre. Et s’il n’en était de cette affaire, je m’occuperais volontiers de retrouver votre vélocipède.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Diantre posa son verre et s’avança sur son siège, intéressé. Rien n’éveillait plus l’intérêt de Louis-Henri Diantre qu’un bon mystère à résoudre. S’il occupait le plus clair de son temps à inventer des machines extraordinaires, il aimait aussi les bonnes énigmes et autres intrigues; elles lui réveillaient l’esprit et lui dégourdissaient les jambes, comme il aimait si bien le rappeler à qui voulait l’entendre. Et comme Diantre, en bon héritier fortuné, avait beaucoup de temps à tuer, les affaires du Commissaire lui tenaient particulièrement à cœur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; - Et quelle est donc cette affaire si importante qu’elle surpasse celle de mon vélo volé, Commissaire? Vous me titillez!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; - Eh bien, il s’agit d’une affaire qui concerne la police et je ne peux vous en dévoiler la teneur, répondit le Commissaire. Elle n’est point « titillante », mais plutôt fort malheureuse, hélas! D’une gravité et d’une urgence que vous ne pouvez imaginer!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lerou se racla la gorge nerveusement, en proie à une folle envie de tout révéler, mais tenu en respect par la main gantée du secret professionnel – et par l’œil sévère de Mademoiselle Puce. Lerou aimait bien se donner plus d’importance qu’il n’en avait. En réalité, il faisait plus ou moins office de cancre des forces de l’ordre, et l’on pouvait se demander qui, de lui-même ou de mademoiselle Puce, résolvait véritablement les enquêtes soumises à ses bons soins.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Diantre se leva alors, jovial, et s’approcha du Commissaire : « Mon cher ami, si je vous invite à prendre l’apéritif lorsque vous ne serez plus en service, vous me parlerez de cette affaire secrète qui vous préoccupe tant. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Commissaire sembla alors délesté d’un poids.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ah! Mon cher Diantre, je serai heureux de connaître votre opinion! Si vous saviez comme je suis embêté par cette affaire…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Vous savez comme ces mystères m’intéressent, dit Monsieur Diantre en prenant l’épaule du Commissaire. Lancez donc au loin votre couvre-chef d’homme de l’Ordre et coiffez nonchalamment votre crâne de votre chapeau de vieil ami! Faisons fondre quelques carrés de sucre, tout en tentant de résoudre ces énigmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Et nous parlerons en long et en large de votre vélocipède, cher ami.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Commissaire, demanda Mademoiselle Puce d’un air faussement inquisiteur, et le secret professionnel? Il va fondre une fois de plus avec les carrés de sucre?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand il s’agissait de Diantre, le Commissaire Lerou ne tenait pas sa langue. Pour son ami, les enquêtes qu’il menait n’avaient pas de secret. En fait, Diantre lui était souvent d’une aide plus que secourable. Et puis, rien de plus agréable que de prendre l’apéritif avec ce dandy de Diantre, qui a toujours quelque anecdote savoureuse – véridique ou non – pour épater la galerie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Celui-ci s’approcha de Mademoiselle Puce, et prit sa main libre qu’il porta à ses lèvres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ma chère demoiselle, vous vous joindrez bien à nous! Trois têtes valent mieux qu’une pour résoudre des mystères et honorer une bouteille d’absinthe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Hé bien soit, messieurs...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’heure verte fut donc inaugurée; mais tel le liquide émeraude est troublé par l’eau, les joies de l’apéritif furent brouillées par l’air sombre du Commissaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Nous avons affaire à un enlèvement, mon cher Diantre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ah oui! La fameuse vague d’enlèvements de jeunes femmes dont les journaux nous parlent abondamment! C’est donc vous qui enquêtez?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Oui, enfin non. C’est-à-dire… J’ai été assigné à un cas bien précis. Vous n’ignorez pas toute cette histoire : des jeunes femmes disparaissent, sans laisser de trace. Des jeunes femmes de bonne famille, disparues dans la nuit. Le Commissaire Cointreau – chef de l’équipe d’enquêteurs et supérieur immédiat – est pour ainsi dire sans indice, sauf, bien entendu, la piste de ce mystérieux personnage qui terrorise les habitants de notre ville depuis un moment, celui que les journaux surnomment « le Sombre Inconnu ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Une appellation fort poétique, souligna prestement Mademoiselle Puce. (Elle leva les yeux au plafond.) Ces journalistes!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je vous en prie, mon enfant, ne m’interrompez pas. (Lerou retrouva le fil de sa pensée.) Cette figure mystérieuse est, vous vous en doutez bien, notre principal suspect. Mais comment lui mettre la main au collet s’il ne se tient que sur les toits, volant de mansarde en corniche, telle une gargouille acrobate, se fondant dans la nuit comme l’encre sur… le… l’encre qui…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- J’ai saisi l’idée générale, cher ami.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il prit une gorgée d’absinthe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je suis un commissaire à la Préfecture, pas un oiseau! J’ignore si ce Sombre Inconnu a quelque chose à voir avec cette histoire, continua Lerou. Jusqu’à présent, le Sombre Inconnu n’a commis aucun crime, et c’est bien là notre problème.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mais dites-moi, interrogea Diantre. Vous me parliez d’un cas particulier sur lequel vous travaillez. Qu’en est-il?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ah, nous y voilà. (Lerou s’avança sur son siège, but une gorgée d’alcool, et fixa Diantre droit dans les yeux.) Elle se nomme Élena, c’est la fille du maire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«  Début mai, Élena fut enlevée, dans la nuit. Ce fut la première, et ce cas bien particulier fut tenu secret, étant donné la notoriété de son paternel. Ceci reste entre nous, mon cher Diantre, vous comprendrez bien…(Le dandy hocha doucement la tête.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Mais une chose différencie ce cas d’avec tous les autres enlèvements qui ont suivi : si toutes les autres ont disparu sans laisser de trace, Élena, elle, &lt;em&gt;est réapparue&lt;/em&gt;!&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/775707459961959744-8380904196275165996?l=etrangecas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://etrangecas.blogspot.com/feeds/8380904196275165996/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=775707459961959744&amp;postID=8380904196275165996' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/775707459961959744/posts/default/8380904196275165996'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/775707459961959744/posts/default/8380904196275165996'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://etrangecas.blogspot.com/2009/04/chapitre-1.html' title='Chapitre 1'/><author><name>L'Étrange cas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18356542608678781040</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_nHFS1s114bE/SFbNJcFgUPI/AAAAAAAAAAM/_gF7zmrjWbk/S220/parisenne_streen2853.jpg'/></author><thr:total>3</thr:total></entry></feed>
